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Chirurgie de l'obésité : les patients mal informés avant l'opération

La chirurgie bariatrique n’est pas effectuée dans les règles de l’art en France. 40 % des patients ne suivent pas le parcours préopératoire dans son intégralité.

Chirurgie de l'obésité : les patients mal informés avant l'opération Les consultations psychologiques préalables sont omises dans 9 % des cas (pressmaster/epictura)

  • Publié 13.10.2016 à 17h19
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Quand l’obésité dure, des solutions chirurgicales existent. En 2014, plus de 50 000 Français y ont eu recours. Mais ces interventions aboutissent à une reprise de poids majeure dans un cas sur cinq. Le respect des règles de la chirurgie bariatrique pourrait bien être en cause. A en croire les dernières données publiées par la Haute Autorité de Santé (HAS), 40 % des patients ne suivent pas l’intégralité du parcours préopératoire.

Depuis 2009, la prise en charge chirurgicale de l’obésité est encadrée par la HAS. L’autorité sanitaire a dessiné le parcours de soins que doit suivre le patient afin de bénéficier d’une prise en charge idéale. La phase préopératoire, notamment, est cruciale. C’est elle qui permet de distinguer quels patients effectueront correctement le suivi à vie après l’intervention. Or, à ce jour, un patient sur deux est perdu de vue. Ces disparitions relèvent bien sûr de plusieurs facteurs. Mais à leur racine se situe sans doute la mauvaise application des recommandations.

Des consultations psychologiques oubliées

Avant de prétendre à une opération, un patient obèse doit rencontrer plusieurs professionnels de santé. Le chirurgien, mais aussi un psychiatre. Ce spécialiste endosse un rôle majeur. Il est chargé de déterminer les causes de l’obésité, les connaissances du malade et sa motivation à modifier son mode de vie sur le long terme. La consultation doit aussi permettre de repérer les contre-indications psychiatriques à la chirurgie, un trouble mental sévère ou un comportement addictif par exemple. Sauf que dans les faits, 9 % des futurs opérés passent entre les mailles du filet.

« Les résultats varient fortement entre les établissements de santé, soulignant des pratiques très différentes d’une structure à l’autre », souligne le rapport de la HAS. En effet, un quart des établissements réalisent le bilan psychologique dans moins de 88 % des cas. Certains n’y ont même jamais recours. Sans surprise, les Centres spécialisés de l’obésité tirent les statistiques vers le haut. Le fait que 172 établissements concentrent la moitié des interventions explique peut-être ce différentiel. Au total, 501 centres pratiquent la chirurgie bariatrique.



Le manque d’information

Le mauvais bilan de la HAS ne s’arrête pas là. Avant d’entrer en salle opératoire, chaque personne obèse doit réaliser un bilan des comorbidités. La consultation est essentielle car elle permet d’adapter la technique aux besoins du patient. Le bypass, par exemple, guérit le diabète en un temps record. Et pourtant, 30 % des opérés n’ont pas bénéficié de cette évaluation.

L’absence de coordination entre les spécialistes est encore plus flagrante. Dans un cas sur deux, la concertation pluridisciplinaire n’est pas réalisée correctement. Soit parce qu’elle n’a pas eu lieu, soit parce qu’elle ne rassemble pas l’intégralité des intervenants.

Il n’est donc pas surprenant de constater que l’information préopératoire passe régulièrement à la trappe. Une fois sur quatre, les règles ne sont pas respectées. Cette étape est pourtant cruciale : par voie écrite et orale, le patient se voit notifier la nécessité d’un suivi à vie, les risques de l’obésité et de la chirurgie ainsi que les détails de la technique adoptée. « L’information sur le suivi post-opératoire, la nécessité de modifier son comportement alimentaire et son mode de vie avant et après l’intervention sont les éléments manquants principaux dans l’information donnée au patient », tranche la HAS. Un constat déplorable quand on sait que ce sont les éléments déterminants de la réussite.

Une lueur d’espoir émerge, toutefois. Depuis trois ans, les différentes évaluations sont en progrès constant. Des indicateurs ont été mis en ligne en 2013 par l’autorité sanitaire. « Les résultats s’améliorent d’année en année et que les professionnels de santé s’en sont emparés pour améliorer leurs pratiques », souligne celle-ci.

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