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QUESTION D'ACTU

Primaire de la droite

Jean-François Copé : "J'appelle de mes voeux l'autonomie des hôpitaux"

Les 7 candidats à la primaire de la droite et du centre répondent aux questions de Pourquoidocteur. Ce vendredi, c'est Jean-François Copé qui livre son programme santé.

Jean-François Copé : \ MATHIEU PATTIER/SIPA

  • Publié 07.10.2016 à 13h17
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Alors que la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle se déroulera les 20 et 27 novembre prochains, l’heure du premier des trois débats télévisuels approche à grands pas. D’une durée fleuve de 2h30, il aura lieu le 13 octobre sur TF1, RTL, Public Sénat et LCI. Il verra s’affronter les sept compétiteurs en lice sur les thèmes du chômage et de la sécurité. Et quid de la santé ?

Dans un récent sondage, 69 % des Français font de ce thème un élément majeur de la campagne. Et presque la même proportion des interrogés considère que les positions des candidats sur la politique de santé seront déterminantes dans leur choix.
Pour répondre aux attentes des futurs électeurs, la rédaction de Pourquoidocteur a interrogé tous les candidats en leur posant les mêmes questions. Ce vendredi, la série continue avec le maire de Meaux (Seine-et-Marne) Jean-François Copé. Celui qui a choisi comme slogan « On ne recule plus », veut-il aussi faire un grand bond en avant pour la santé ? L'ancien patron de l'UMP nous a exprimé ses idées sur des sujets tels que la PMA, les déserts médicaux et le prix des médicaments innovants.  

La collectivité ne pourra plus prendre en charge le coût des médicaments innovants. Doit-on consacrer un budget spécifique à la prise en charge de ces thérapies, et comment le financer ?
Jean-François Copé
: L’innovation fait partie des trois piliers de mon programme en matière de santé, avec les principes de liberté et de responsabilité. Les produits innovants ont un coût élevé ce qui est compréhensible au regard de résultats également élevés. Je propose ainsi de financer les médicaments innovants – notamment les anti-cancéreux – sur le principe du « paiement à l’efficacité » : si le médicament n’atteint pas les résultats escomptés pour le patient, alors il sera à la charge de l'industriel.
Par ailleurs, je suis convaincu qu'il faut renouer le dialogue de façon pragmatique avec les laboratoires pharmaceutiques notamment dans le cadre d'une loi de financement de la Sécurité sociale pluriannuelle, sur la durée du quinquennat. Enfin, il faut se dire les choses : avec le vieillissement de la population et les nouvelles technologies, les dépenses de santé vont évidemment augmenter. Il faut assumer cette croissance du budget de la santé tout en ayant à l'esprit – et c'est l'ancien ministre du Budget qui vous parle ! – la recherche permanente d'efficience en ce qui concerne la dépense publique.

 

Médicament
Je propose de financer les médicaments innovants (...) sur le principe du "paiement à l'efficacité" : si le médicament n'atteint pas  les résultats escomptés pour le patient, il sera à la charge de l'industriel.


Les complémentaires Santé s’engagent dans un modèle d’assurance à la carte. Faut-il encourager financièrement les assurés qui ont une bonne hygiène de vie (alimentation, activité physique, etc.) et/ou pénaliser ceux qui prennent des risques (alcool, tabac, etc.) ?
Jean-François Copé : Cette question est essentielle sur l’idée que l'on se fait de notre modèle social. Je ne suis pas favorable à une telle sélection pour ce qui concerne l'Assurance maladie obligatoire dont les principes fondamentaux ne doivent pas être bouleversés. En revanche, en ce qui concerne les organismes privés, je n'ai a priori pas d’opposition de principe à ce qu'ils participent à la santé publique en modulant le financement en fonction des comportements positifs ou négatifs de leurs adhérents. 
La prévention aura un rôle central dans la nouvelle définition de la place des complémentaires dans notre système de santé. Enfin, je tiens à préciser que cette évolution ne pourra se faire que dans le respect de l’indépendance des professionnels de santé.

 

Prise en charge
En ce qui concerne les organismes privés, je n'ai a priori pas d'opposition de principe à ce qu'ils participent à la santé publique en modulant le financement en fonction des comportements positifs ou négatifs de leurs adhérents.


L’hôpital doit à la fois concilier l’excellence médicale avec ses missions sociales. Compte tenu des contraintes budgétaires, la tarification à l’activité (T2A) vous paraît-elle adaptée à cette double exigence ?
Jean-François Copé : Pour reprendre une phrase célèbre, la T2A est le pire système de financement à l’exception de tous les autres ! On sous-estime très souvent le changement culturel que cela implique tant chez les managers hospitaliers que chez les personnels soignants, médecins en tête. Toutefois, il est important de faire l'Acte II du financement à l’activité. Je propose ainsi l'instauration d'une part significative de financement à la qualité avec un système de bonus-malus pour les hôpitaux sur la base d'indicateurs définis par la Haute Autorité de Santé (taux d'infections nosocomiales,...). Par ailleurs, l’autonomie des hôpitaux que j'appelle de mes vœux donnera davantage de marges de manœuvre aux établissements pour trouver des ressources supplémentaires pour financer l’investissement et la recherche notamment.

 

Hôpital
Je propose l'instauration d'une part significative de financement à la qualité avec un système de bonus-malus pour les hôpitaux sur la base d'indicateurs définis par la Haute Autorité de Santé (HAS).


Un généraliste sur quatre ne sera pas remplacé d’ici 2025. Comment comptez-vous lutter contre les déserts médicaux ?
Jean-François Copé : Je souhaite un langage de vérité sur ce sujet : les difficultés à trouver un médecin est un vrai sujet pour les Français, et pas seulement en Corrèze ! La lutte contre les déserts médicaux passe par trois axes :
- l’attractivité de nos territoires afin que les professionnels aient envie de s'y installer, je ne crois absolument pas à la coercition
- la réforme des études médicales avec : la régionalisation des ECN pour coller au plus près des territoires (les étudiants pourront se présenter aux examens de plusieurs régions), une formation obligatoire durant le cursus à la médecine libérale et entrepreneuriale afin de faire connaître l’exercice en ville.
- accepter de mieux rémunérer les médecins choisissant de s’installer en zone déficitaire.

 

Dans un manifeste, des médecins français ont reconnu avoir aidé des couples lesbiens et des femmes seules à recourir à la PMA à l’étranger. Peut-on continuer à la réserver aux couples hétérosexuels ?
Jean-François Copé : Oui. La PMA est un acte médical. Pas une technique pour satisfaire un quelconque « droit à l’enfant ». Je reste attaché au fait que la PMA soit réservée à un couple stable, infertile, formé d’un homme et d’une femme. De même, je me battrai pour que la GPA soit interdite au niveau mondial car c’est une insupportable marchandisation de la femme et j’appliquerai strictement son interdiction en France.

 

Procréation médicalement assistée 
Je reste attaché au fait que la PMA soit réservée à un couple stable, infertile, formé d'un homme et d'une femme.


Lundi retrouvez notre entretien avec Nathalie Kosciusko-Morizet 

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