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QUESTION D'ACTU

Risque de mortinatalité

Jumeaux : déclencher l’accouchement à 37 semaines

Pour réduire le nombre d’enfants mort-nés, un groupe d’obstétriciens propose de déclencher l’accouchement à 37 semaines de grossesse maximum.

Jumeaux : déclencher l’accouchement à 37 semaines mail.hebstreit.com/epictura

  • Publié 08.09.2016 à 08h02
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Les grossesses gémellaires ne doivent pas s’aborder comme les autres. Porter deux enfants peut être lourd de conséquences pour la mère comme pour les fœtus. Les morti-naissances sont, par exemple, bien plus fréquentes que chez les femmes enceintes d’un seul enfant. Un groupe international d’obstétriciens s’est donc intéressé à la manière de prévenir ces complications. La solution qu’ils présentent dans le British Medical Journal n’est pas classique : la date de l’accouchement devrait être avancée de plusieurs semaines.

Trois semaines avant terme

Les médecins avancent deux dates, en fonction du type de grossesse et à condition qu’elle ne présente pas de complication. Lorsque les jumeaux se développent dans un même placenta (monochorionique), la mise au monde devrait se dérouler à la 37e semaine maximum. S’ils évoluent dans deux placentas (dichorionique), deux semaines de plus sont admises. Repousser l’accouchement au-delà de ces durées augmenterait la fréquence des morts in utero : 8,8 décès de plus surviennent pour 1 000 naissances.

Mieux vaut, en revanche, ne pas descendre en dessous de 34 semaines. « Un accouchement précoce peut exposer les bébés à des complications, notamment une mort néonatale », indique le Pr Shakila Thangaratinam, co-auteur de l’étude. En effet, la mortalité dans les 28 jours suivant la naissance et les admissions aux soins intensifs néonataux sont plus fréquents lorsque les nouveau-nés sont trop prématurés. Or, une grossesse gémellaire sur dix aboutit à une naissance au bout de 32 semaines ou avant.

28 000 jumeaux en France par an

Ces recommandations s’appuient sur une revue de la littérature assez large : le groupe d’étude a rassemblé 32 études qui portent sur plus de 35 000 femmes enceintes de jumeaux. L’objectif était de déterminer comment réduire la mortinatalité. Il faut dire que le risque est particulièrement élevé : il est multiplié par 13 lors d’une grossesse monochorionique et par 5 lors d’une gestation dichorionique.

En France, sur les 14 100 grossesses gémellaires annuelles, 590 aboutissent à la mort d’au moins un bébé. « Le petit poids des jumeaux à la naissance, leur prématurité et les complications de l’accouchement (…) font que leur mortalité est très supérieure à celle des enfants nés d’accouchements simples, analyse l’Institut national des études démographiques (Ined). A tel point que l’augmentation récente de la fréquence des jumeaux en France pèse sur l’évolution de la mortalité périnatale et infantile en ralentissant la baisse. »

Le bilan n’est pas près de s’améliorer : depuis les années 1970, le nombre de grossesses gémellaires a grimpé de 80 %. Le recours accru aux traitements de l’infertilité explique en partie cela.

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