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EpiPen : Hillary Clinton fait plier Mylan sur le coût du traitement

600 dollars pour une dose d’épinéphrine. Mylan a décidé d’augmenter le prix du stylo injectable EpiPen, s’attirant la colère des patients et d’Hillary Clinton.

EpiPen : Hillary Clinton fait plier Mylan sur le coût du traitement kiwinky/Flickr

  • Publié 26.08.2016 à 11h36
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Au cœur de la campagne démocrate, le prix des médicaments est un sujet délicat aux Etats-Unis. Le groupe pharmaceutique Mylan n’a visiblement pas appris des erreurs de ses prédécesseurs. L’annonce, le 6 juillet, d’une augmentation du prix de l’EpiPen a provoqué une vive polémique dans le pays. Il faut dire qu’à raison de 600 dollars (531 euros) le stylo injectable d’épinéphrine, de nombreux malades risquent de devoir s’en passer. Sans revenir sur sa position, le laboratoire a concédé quelques pouces de terrain : ce 25 août, des mesures d’aide aux patients allergiques ont été mises en place.

La colère d’Hillary Clinton

Mylan, connu pour sa production de génériques, a racheté en 2007 l’EpiPen. Ce stylo injecteur d’épinéphrine est particulièrement précieux pour les personnes allergiques : il permet d’éviter un choc anaphylactique. Leader sur le marché, le produit a pourtant connu une première hausse. En 2008, son coût est passé à 100 dollars (89 euros). Le 6 juillet, la branche américaine du groupe a décidé de multiplier par six ce prix. Dans un pays où tout le monde n’a pas accès à une assurance santé privée, cette annonce est loin d'être bien accueillie.

La candidate démocrate à la présidentielle américaine a pesé lourd dans le débat. Reprenant les réclamations de ses collègues au Congrès, Hillary Clinton a demandé des comptes au laboratoire. Le prix des médicaments est un des sujets centraux de sa campagne (voir encadré).C’est donc sans surprise que l’ancienne secrétaire d’Etat a invité Mylan à revoir sa position, en baissant le coût de l’EpiPen. Elle a jugé « insultant » le comportement du laboratoire qui présente, à ses yeux, « un nouvel exemple dérangeant d’entreprise profitant de ses clients ».

 

 

Un mea culpa dans les règles

Mylan a, semble-t-il, prêté une oreille attentive à l’opinion public. Ce 25 août, le laboratoire a fait un geste vers les malades non couverts par une assurance santé. Au cœur de sa stratégie : un programme de fidélité qui fait économiser 300 dollars – soit 266 euros – aux patients qui achètent l’EpiPen. Les critères d’accès au traitement sont aussi assouplis pour les personnes qui ne sont pas assurées.

L’annonce s’est doublée d’un mea culpa dans les règles de la part de Heather Bresch, directrice générale de l’entreprise. « Nous avons conscience du poids significatif des hausses continuelles des frais d’assurance pour les patients et de la nécessité de payer l’intégralité des médicaments à la pharmacie, déclare-t-elle dans un communiqué. Les patients méritent la transparence de l’augmentation des prix et des soins abordables », ajoute-t-elle. La dirigeante a tout de même expliqué dans les médias américains que son groupe avait consacré des millions de dollars à l’amélioration du stylo injecteur depuis son rachat… sans entrer dans les détails.

La nouvelle semble quand même avoir apaisé le parti démocrate, qui a salué ce geste tout en regrettant que Mylan n’ait pas concédé davantage par une baisse du prix de base.

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Une candidate investie dans les droits des patients

En s’attirant les foudres d’Hillary Clinton, Mylan n’est pas le premier laboratoire à s’inviter dans le programme démocrate. La candidate officielle du parti a fait du prix des médicaments un thème de campagne majeur. Deux industries pharmaceutiques ont déjà fait les frais de son indignation. Le dernier en date est Valeant, visé par une enquête du Congrès américain sur le prix de certaines molécules. L’entreprise québécoise a été qualifiée de « prédateur » (vidéo en anglais) en mars par l’ancienne secrétaire d’Etat américaine.

Hillary Clinton a aussi pointé du doigt l’homme le plus détesté des Etats-Unis en novembre. Martin Shkreli, alors PDG de Turing Pharmaceuticals, a fait passer le prix d’un antiviral de 13,50 dollars à 750. Une décision sans réelle justification qui a soulevé l’indignation du pays, d’autant qu’il est prescrit contre la toxoplasmose chez des personnes infectées par le VIH ou des femmes enceintes. « Gonfler les prix de cette manière, sur le marché spécialisé de la vente de médicaments, est scandaleux », avait alors tweeté Hillary Clinton.

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