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Dans les pays de l'Ouest

Europe : pourquoi le cancer tue plus que les maladies cardiovasculaires

Le cancer est devenu la première cause de mortalité en Europe de l'Ouest devant les maladies cardiovasculaires. La prévention est plus difficile dans ce domaine selon les médecins. 

Europe  : pourquoi le cancer tue plus que les maladies cardiovasculaires minervastock/epictura

  • Publié 17.08.2016 à 19h07
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Le cancer est devenu la première cause de mortalité en Europe de l'Ouest, devant les maladies cardiovasculaires. C'est la conclusion d'une étude menée sur le continent, publiée ce lundi dans la revue European Heart Journal.

A travers le monde, les pathologies cardiovasculaires restent pourtant les plus meurtrières. Elles totalisent chaque année 17,3 millions de décès. Mais à l’échelle de 12 pays de l'Europe de l'Ouest analysés par les auteurs (Belgique, France, Danemark, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Espagne et Royaume-Uni), elles sont en recul, ce qui fait du cancer la première cause de mortalité.

Par exemple, en France, 92 375 hommes sont morts d’un cancer en 2011, alors que 64 711 sont décédés d’une maladie cardiovasculaire. Même tendance en Espagne et au Royaume-Uni. Et, même s'ils rapportent de fortes inégalités régionales, les auteurs des travaux expliquent : « ce sont les importants progrès dans la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires qui ont permis de réduire les taux de mortalité à l'Ouest ». Concernant les mauvais chiffres du cancer, les chercheurs ne donnent pas d'explications. Contacté par Pourquoidocteur, le Pr Laurent Zelek, cancérologue à l'Hôpital Avicenne (Bobigny), donne des éléments de réponse.

Comment expliquez-vous la première place des cancers ?
Pr Laurent Zelek : Pour les maladies chroniques et cardiovasculaires, la prévention consiste globalement à lutter contre la sédentarité. Celle-ci va aussi agir sur une petite proportion de cancers (sein, prostate, etc.) où on la trouve comme facteur de risques. Mais le gros problème pour tous les acteurs engagés dans cette lutte réside dans le fait que la prévention des cancers est beaucoup plus complexe du fait de l'hétérogénéité dans la maladie. 

Concrètement, cela pose quel(s) problème(s) ?
Pr Laurent Zelek : Par exemple, si l'on veut prévenir les cancers liés aux papillomavirus humains (HPV) il faudrait généraliser la vaccination. Mais cela poserait immédiatement plusieurs problèmes sur les rapports bénéfices-risques de cette stratégie. Aucun homme politique ne prendra le risque de se lancer là-dedans.
Pour certains cancers, la clé est la lutte contre le tabac, pour d'autres, le combat contre la sédentarité est essentiel. Bref, la politique de lutte contre les cancers cible plusieurs dizaines de maladies totalement différentes.

Le facteur environnemental aggrave-t-il le phénomène ?
Pr Laurent Zelek : Sur cette question, on a beaucoup d'inquiétudes et peu de certitudes. Les données cliniques posent des questions sur le rôles des perturbateurs endocriniens dans la carcinogénèse. La question est aussi brûante dans le rôle qu'ils jouent dans l'augmentation de l'incidence des cancers du sein.
Faut-il déclencher des politiques de santé publique à partir de cela, ou est-ce qu'on attend ? Ce sont des choix très difficiles à prendre je l'avoue, mais la seconde option risque de nous faire prendre 20 ans dans la vue. Enfin, le rôle de la pollution et des expositions professionnelles dans la survenue des cancers est aujourd'hui très certainement sous-estimé.

Ces chiffres ont-ils une relation avec la baisse des maladies cardiovasculaires ?
Pr Laurent Zelek : Oui, et presque mathématiquement, malheureusement. Si les gens meurent moins de maladies cardiovasculaires, il faut bien qu'ils décèdent de quelque chose. Au final, ils meurent plus tardivement et bien souvent de maladies neurodégénératives et de cancer.
C'est clairement une inversion de tendance. Avant, on mourrait plus tôt et de maladies cardiovasculaires. Ces personnes n'avaient pas encore développé  de cancer. L'essor de l'oncogériatrie est la preuve incontestable que les choses changent. Contrairement au passé, on prend désormais en charge dans nos services des malades du cancer âgés de 75-80 ans.
Ces résultats ne sont pas étonnants. 

 

   

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