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Autorisation de la FDA

Zika : la Floride pourrait recourir aux moustiques transgéniques

Les autorités sanitaires fédérales américaines estiment que les moustiques OGM n'ont pas d'impact sur l'environnement. La Floride pourrait donc bientôt organiser un lâcher.

Zika : la Floride pourrait recourir aux moustiques transgéniques Airman Magazine/Flickr

  • Publié 08.08.2016 à 10h26
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Les moustiques génétiquement modifiés se présentent comme l’arme ultime contre le virus Zika ou son cousin la dengue. Une arme qui n’aurait aucun impact environnemental si elle était utilisée en Floride, selon un avis de l’agence américaine du médicament (FDA) rendu public ce vendredi. Cette décision donne le feu vert à cet état du Sud-Est des Etats-Unis pour relâcher ces insectes dans la nature afin de combattre l’avancée du virus Zika.

Les experts de la FDA planchent sur le moustique OGM appelé OX513A développé par la société Oxitec depuis des mois. L’objectif : « déterminer s’il est capable d’éradiquer la population de moustiques Aedes aegypti implantée sur l’île Key Haven en Floride », explique la FDA. En mars dernier, l’agence sanitaire avait déjà donné son accord de principe car elle considérait qu’il n’y avait pas de risque d’allergie pour l’homme et les animaux. L’absence d’effet sur l’environnement restait encore à examiner.


Réduire la populations de moustiques sauvages

La fin de l’évaluation tombe à pic pour la Floride. En moins d’une semaine, 16 personnes ont été infectées par le virus Zika à Miami. Ce sont les premiers cas autochtones signalés aux Etats-Unis. Un foyer épidémique qui traduit l’échec des mesures de lutte anti-vectorielle, selon les autorités sanitaires américaines. Les lâchers expérimentaux de moustiques Aedes aegytpi OX513A s’affichent comme une alternative beaucoup plus efficace.

Ces moustiques transgéniques sont moustiques mâles génétiquement modifiés pour donner naissance à une progéniture qui n’atteindra jamais l’âge de se reproduire. Seuls les mâles – ceux qui ne piquent pas l’homme pour se nourrir d’un repas de sang – sont relâchés afin qu’ils s’accouplent avec les femelles moustiques sauvages. Selon les expériences menées dans les Iles Caïmans, au Panama, Brésil et Malaisie, cette technique permet de réduire de 90 % la population de moustique sauvage capable de transmettre les virus en seulement 6 mois.


Risque de perturber un écosystème

Mais pour certains entomologistes, comme Anna-Bella Failloux, responsable de l’unité Arbovirus et Insectes Vecteurs à l’Institut Pasteur, cette technique peut s’avérer dangereuse car elle bouleverserait un écosystème. « Elle mène à une éradication du moustique ce qui signifie qu’une niche écologique sera vacante, avait-elle expliqué à Pourquoidocteur en janvier dernier. Elle pourrait être remplie par d’autres moustiques, comme Aedes albopictus, le fameux moustique tigre. Ainsi, cette stratégie pourrait être efficace si elle s’applique à plusieurs espèces, mais je ne suis pas sûre qu’elle le soit à long terme ».

Une crainte partagée par de nombreux habitants Key Haven, où les tests devraient se dérouler. C’est d’ailleurs la population locale qui devrait avoir le dernier mot. En novembre prochain, un référendum sera organisé. Les habitants pourront dire s’ils sont d’accord ou non que les moustiques OGM soient relâchés dans leur quartier. Si les opposants gagnent, une autre île de l’archipel des Keys devrait être désignée.

La société Oxitec a déjà reçu l’autorisation d’importer et tester ses moustiques OGM au Brésil, les îles Caïmans, Etats-Unis, France, Inde, Malaisie, Singapour et Vietnam. 

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