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Projet TENDR

Pollution chimique : le cri d’alarme de 50 chercheurs

Des scientifiques lancent l'alerte : l'exposition des enfants aux produits chimiques (pesticides, plastifiants...) explique en partie la hausse des troubles neuro-développementaux.

Pollution chimique : le cri d’alarme de 50 chercheurs AChubykin/epictura

  • Publié 14.07.2016 à 13h25
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Les chercheurs américains tapent du poing sur la table. Et ça n’est pas un petit coup qu’ils frappent. Une cinquantaine d’experts dans divers secteurs et neuf sociétés savantes s’associent pour protester contre le mauvais contrôle des substances chimiques. Le projet TENDR – pour Cibler les risques environnementaux pour le développement neurologique (Targeting Environmental Neuro-Developmental Risks) – vient de publier une déclaration de consensus dans Environmental Health Perspectives. Ses membres ne font pas preuve de tendresse à l’égard de l’action politique des Etats-Unis.

Une pollution évitable

Les enfants sont au cœur des préoccupations qu’expriment ces chercheurs. L’augmentation des troubles neuro-comportementaux dans cette population est due à la pollution environnementale, selon eux. Pesticides organophosphorés, retardateurs de flamme, pollution aérienne, plomb et mercure sont autant de polluants qu’ils mettent en cause. Ces facteurs pourraient être évités, déplorent les signataires de la déclaration.

« Cette menace évitable est la conséquence de l’échec de notre marché industriel et consommateur mais aussi de nos système de régulation à protéger le cerveau en développement de produits chimiques toxiques », tranchent-ils. Certains ont été interdits – comme le plomb dans la peinture et l’essence – mais leur impact sur l’environnement dure et l’exposition des plus jeunes perdure.

Une Europe à mi-chemin

Les chercheurs dénoncent surtout la méthode de substitution adoptée par l’industrie : « Lorsqu’un produit chimique ou une catégorie est retiré du marché, les fabricants le substituent par un produit similaire qui peut présenter des problèmes comparables ou dont la toxicité n’a pas été testée », écrivent-ils. L’exemple du bisphénol A illustre bien cela : interdit en France et dans plusieurs pays, il est désormais remplacé par… du bisphénol S aux effets similaires sur la santé. Une « substitution regrettable » aux yeux du projet TENDR.

En Europe et en France, le bilan n’est pas tellement plus enviable. Le règlement Reach régule bien l’usage des molécules chimiques. Mais la Commission européenne adopte des positions controversées sur les polluants chimiques. Elle a ainsi prolongé l’autorisation du glyphosate. L’institution européenne a aussi livré des critères de définition des perturbateurs endocriniens qui ont créé la controverse parmi le milieu scientifique.

Femmes enceintes et enfants à risque

La solution à la crise actuelle est simple : révisons la régulation des substances chimiques, proposent les membres du groupe de travail. L’évaluation de ces produits doit être plus stricte. Il faut dire que la situation est dramatique : rien qu’aux Etats-Unis, 10 % de la population mineure souffre d’hyperactivité avec ou sans déficit de l’attention et un enfant sur six présente un trouble du développement. Ce chiffre a augmenté de 17 % en une décennie.

« Aux Etats-Unis, les enfants ont aujourd’hui un risque élevé et inacceptable de développer des troubles neurodéveloppementaux comme l’autisme, le déficit d’attention et l’hyperactivité, des déficiences intellectuelles et d’autres troubles de l’apprentissage ou du comportement », peste le projet TENDR. La période prénatale est particulièrement vulnérable, rappellent ses membres, tout comme la petite enfance et l’adolescence.

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