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Plus de dopamine

Parkinson : un traitement de la leucémie réduit les symptômes

Le nilotinib utilisé pour traiter la leucémie a permis d’améliorer les symptômes chez des patients atteints de la maladie de Parkinson. Il agit sur les fonctions motrices et cérébrales.

Parkinson : un traitement de la leucémie réduit les symptômes ocskaymark/epictura

  • Publié 13.07.2016 à 18h04
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Nouvel espoir pour les patients atteints de la maladie de Parkinson : une molécule efficace contre les leucémies améliore les symptômes parkinsoniens. Le nilotinib est actuellement recommandé par les autorités américaines pour le traitement des cancers du sang. Lors d’un essai clinique de phase 1 destiné à vérifier sa tolérance chez les patients, il a montré une amélioration inattendue des fonctions motrices.

Cette pathologie neurodégénérative se reconnaît à trois grands signes : les patients tremblent souvent au repos. Leurs mouvements sont lents et difficiles, particulièrement les gestes précis. La tension trop élevée dans leurs muscles raidit aussi leurs membres. Des troubles dus en partie au manque de dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans de nombreuses fonctions cérébrales. Le processus d’autophagie, un mécanisme de dégradation qui élimine les déchets dans la cellule, est également altéré.

 

Etude complémentaire

Le nilotinib est connu pour inhiber une protéine, la tyrosine kinase. Chez les patients atteints de Parkinson, cela a pour effet de réenclencher l’autophagie et de dégrader les protéines toxiques. La molécule est aussi capable de passer la barrière hématoencéphalique, une sorte de bouclier naturel qui protège le cerveau des attaques extérieures. En temps normal, cette barrière est bénéfique, mais elle bloque aussi quantité de médicaments, ce qui complique les traitements pour les maladies neuronales.

Pour vérifier ces facultés du nilotinib, une deuxième étude clinique a été menée auprès de douze patients atteints de formes avancées de la maladie de Parkinson. Pendant six mois, les chercheurs leur ont administré quotidiennement des doses de 150mg et 300mg, bien inférieures aux doses utilisées contre le cancer. Ils ont aussi analysé des échantillons de sang et de liquide céphalo-rachidien collectés avant l’étude, puis 8 et 24 semaines plus tard. Les patients ont été suivis grâce à des examens physiques et neurologiques, et des électrocardiogrammes. La bonne absorption de la molécule a été mesurée à différents intervalles après administration, ainsi que divers biomarqueurs associés à la maladie de Parkinson.

 

Améliorations des symptômes

Durant tout le traitement, les fonctions motrices et les performances cognitives des participants se sont améliorées, et ce malgré la réduction du traitement habituel qui compense le manque de dopamine. Les scientifiques ont toutefois constaté que les effets s’étaient inversés quelques temps après l’arrêt du nilotinib.

Les marqueurs biologiques ont également donné des signes positifs. L’acide homoranillique, qui indique la production de dopamine, a ainsi été multiplié par 2. Les marqueurs de stress oxydatif ont diminué de moitié et les indicateurs de mort cellulaire ont baissé de manière significative dans le liquide céphalo-rachidien. Ces résultats suggèrent que moins de neurones ont été détruits.

La plupart des patients ont pu réduire leur traitement de compensation de la dopamine, certains l’ont même interrompu complètement sans perte des fonctions motrices et cérébrales. A noter tout de même, une augmentation des symptômes psychotiques (hallucinations, paranoïa et agitation).

« Si nous pouvons valider les effets du nilotinib sur les fonctions cognitives par une étude à grande échelle contrôlée par placebo, cette molécule pourrait devenir le traitement le plus important contre Parkinson depuis la découverte du Levodopa, il y a cinquante ans », s’enthousiasme le docteur Charbel Moussa, l’un des auteurs de l’étude. La molécule pourrait aussi être le premier traitement d’autres démences encore incurables, comme celles dites à « corps de Lewy ».

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