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QUESTION D'ACTU

Portables, sans fil

Les ondes peuvent perturber la mémoire des enfants

Dans un rapport, l’Anses conclut à un effet possible de l’exposition aux radiofréquences des portables sur la mémoire et l'attention des enfants.

Les ondes  peuvent perturber la mémoire des enfants lyashik/epictura

  • Publié 09.07.2016 à 09h42
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Pour calmer les crises de colère des enfants, ou pour les occuper, par exemple, lors des longs trajets en voiture, beaucoup de parents ont trouvé la parade. Un smartphone ou une tablette entre les mains et l'affaire est réglée. Pourtant, ces produits sont suspectés d'avoir des effets néfastes sur la santé des plus jeunes.
Pour dissiper ces doutes ou les confirmer, l’Anses (1) a été saisie par les pouvoirs publics pour savoir si la réglementation en vigueur de ces appareils est suffisamment protectrices en matière de santé et de sécurité vis-à-vis des enfants de moins de six ans. Après des années de travail, l’Agence publie ce vendredi un rapport puis un avis sur cette question.

Des effets possibles sur les fonctions cognitives 

Première conclusion, les travaux d’expertise menés par l’Agence « ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’effets des radiofréquences chez l’enfant sur le comportement, les fonctions auditives, le développement, le système reproducteur mâle et femelle, le système immunitaire et la toxicité systémique, ni d’effets cancérogènes ou tératogènes ».

Mais c'est après que les choses se gâtent. Car l'Agence conclut en revanche « à un effet possible de l’exposition aux radiofréquences sur le bien-être des enfants et leurs fonctions cognitives (mémoire, fonctions exécutives, attention) ». « Les effets observés sur le bien-être pourraient toutefois davantage être liés à l’usage des téléphones mobiles plutôt qu’aux radiofréquences qu’ils émettent », précisent cependant ces experts.

Des enfants exposés de plus en plus tôt 

Plus inquiétant peut-être, ces scientifiques rapportent « une forte expansion de l’usage des nouvelles technologies sans fil, notamment chez les très jeunes enfants ». Ils expliquent que c'est la multiplicité et la diversité des lieux fréquentés par les enfants qui engendrent de multiples situations d’exposition, alors même que les usages des dispositifs radioélectriques (tablettes tactiles, jouets connectés, etc) évoluent rapidement. La preuve lorsqu'ils soulignent que « les enfants possèdent en outre leur propre téléphone mobile de plus en plus précocement », parfois avant l'âge de sept ans.

Par ailleurs, une autre menace se profile, celle pesant sur les enfants qui sont aujourd’hui exposés, pour la plupart, à de multiples sources de radiofréquences dès leur plus jeune âge et même potentiellement dès la phase de développement in utero. Et sur ce point, les travaux d’expertise sont clairs : ils mettent en évidence que les enfants pouvaient être plus exposés que les adultes, en raison de leur petite taille, de leurs spécificités morphologiques et anatomiques et des caractéristiques de certains de leurs tissus. « En particulier au niveau des aires cérébrales les plus proches de la boîte crânienne », est-il écrit dans le rapport. 

Les recommandations de l’Agence

Sur la base des résultats de l’expertise, l’Agence recommande un usage modéré et encadré des technologies de communication sans fil par les enfants. Elle propose aussi d'appliquer à tous les dispositifs émetteurs d'ondes « les mêmes obligations réglementaires que pour les téléphones, et notamment la mesure du débit d'absorption spécifique (DAS), qui correspond à la quantité d'énergie absorbée par le corps ». Les babyphones, jouets radiocommandés, connectés... sont bien évidemment concernés.


(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Rappel des recommandations sur les mobiles 

S'agissant des téléphones mobiles, l’Anses rappelle sa recommandation, déjà formulée en 2013. Elle invite à réduire l’exposition des enfants, en préconisant un usage modéré, retardé, et en privilégiant le recours au kit mains-libres.

L’expertise menée cette année a en effet permis d’identifier à nouveau plusieurs études mettant en évidence une association entre un usage intensif et inadéquat du téléphone mobile par des jeunes et une santé mentale affectée (comportements à risque, dépression, idées suicidaires, etc). « Ces études ne permettent cependant pas d’explorer la causalité des associations observées », précise toutefois l'Anses.

Elle recommande ainsi que des travaux complémentaires évaluent l’impact sanitaire et psychosocial (apprentissage scolaire, relations sociales et familiales, etc) chez les enfants lié à l’usage des technologies de communication mobile, « en raison notamment de phénomènes addictifs, de troubles des rythmes circadiens, etc ». Mais dans l’attente de ces résultats, l’Agence recommande aux parents d’inciter leurs enfants à un usage raisonnable du téléphone mobile, en évitant les communications nocturnes et en limitant la fréquence et la durée des appels.

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