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Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Zika : la Polynésie française est une porte d'entrée possible

Entre 2013 et 2014, la plus grande épidémie de Zika jamais décrite frappe la Polynésie française avant de se propager quelques mois plus tard en Amérique du Sud.

Zika : la Polynésie française est une porte d'entrée possible Airman Magazine/Flickr

  • Publié 05.07.2016 à 16h33
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La Polynésie française est une « porte d’entrée potentielle » de Zika pour les autres régions du monde, conclut une étude publiée ce mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Agence Santé Publique France.

Trois ans après l’épidémie qui a durement frappé la Polynésie entre octobre 2013 et mars 2014, les spécialistes n’ont toujours pas déterminé son origine. Pour expliquer l’émergence du virus, les auteurs du BEH évoquent « des conditions favorables comme l’absence d’immunité de la population avant l’introduction du virus et la présence d’au moins deux espèces de moustiques potentiellement vectrices (Aedes aegypti et Aedes polynesiensis) ».

Mais une chose sûre, la souche du virus Zika présente sur l’archipel du Pacifique appartenait à la lignée asiatique. Celle-là même qu’on retrouve aujourd’hui sur le continent américain et qui devrait infecter près de 4 millions de personnes rien que cette année, et qui menace l’Europe et les pays où les vecteurs sont implantés.


La moitié de la population infectée

Avant la flambée épidémique en Amérique latine, l’épidémie en Polynésie « a été la première épidémie de Zika d’importance décrite de manière exhaustive et à l’origine de formes sévères », rappellent les auteurs. C’est en effet sur l’archipel du Pacifique que les complications neurologiques et les risques pour les femmes enceintes apparaissent pour la première fois.

En 6 mois, plus de 32 000 personnes présentant des symptômes (éruption cutanée, fatigue, fièvre, douleurs articulaires ou conjonctivite) se sont rendues chez un médecin, soit 11,5 % de la population polynésienne. Mais cette proportion sous-estime la réalité de l’épidémie, car 80 % des cas sont asymptomatiques.
« Les résultats préliminaires d’une étude de séroprévalence ont montré que la moitié de la population avait acquis des anticorps anti-ZIKV » et « un travail de modélisation récent estime même le taux d’attaque global à 94 % », indiquent les auteurs.


La dangerosité du virus découverte

La très grande majorité de ces malades ont présenté des signes cliniques mineurs. En revanche, des formes graves liées à l’infection par le virus Zika, en particulier des atteintes neurologiques, ont été identifiées chez 69 patients. Avec 42 cas en seulement 4 mois, le syndrome de Guillain-Barré a été la complication la plus fréquente en Polynésie française, contre 5 habituellement. D’autres cas de complications neurologiques comme des encéphalites ou des myélites ont également été évoqués.

En outre, la transmission materno-fœtale et les malformations congénitales ont été signalées pour la première fois en Polynésie française. Mais ce n’est que fin 2015, au moment où une explosion du nombre de microcéphalies est signalée au Brésil, que la Polynésie ressort les dossiers médicaux des personnes infectées. Ces investigations rétrospectives mettent en évidence 18 cas de malformations neurologiques chez des fœtus et nouveau-nés, dont 8 microcéphalies.

« Une étude complémentaire portant sur des mamans et enfants nés sans anomalie détectée à la naissance est en cours sur une centaine de mères en Polynésie pour comparer les mères infectées et non infectées pendant leur grossesse, et rechercher d'éventuelles problèmes à distance chez les enfants nés sans anomalie détectée », a expliqué à l’AFP Henri-Pierre Mallet, responsable du Bureau de veille sanitaire en Polynésie et auteur de l’étude, soulignant qu'aucun cas n'avait été « signalé à ce jour ».

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