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QUESTION D'ACTU

Voyage de 13,5 jours

Des souris reviennent de l’espace avec des lésions au foie

13,5 jours dans l'espace et des lésions au foie annonciatrices d'une fibrose. C'est le résultat d'une expérience menée sur des souris envoyées à bord de la navette spatiale Atlantis. 

Des souris reviennent de l’espace avec des lésions au foie Sam Howzit/Flickr

  • Publié 24.04.2016 à 15h49
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La phrase suivante n'est pas le résultat d'un cadavre exquis mais d'une recherche bien sérieuse : des souris dans l'espace font avancer la recherche sur le foie. Plusieurs rongeurs ont voyagé à bord de la navette spatiale Atlantis. A leur retour, des chercheurs ont suivi leur état de santé. Karen Jonscher et ses collègues de l’université du Colorado (Etats-Unis) se sont penchés sur le foie de ces petits animaux. Le vol dans l’espace semble faire souffrir cet organe, expliquent-ils dans PLOS One.

Un foie scarifié

Les astronautes au retour de mission présentent des symptômes similaires au diabète. Le phénomène est bien connu des médecins. Mais généralement, ces troubles se résolvent assez rapidement. Ils soulignent toutefois que la microgravité peut avoir des effets sur le métabolisme. Or, comme le soulignent les experts de l’université du Colorado, le foie est un organe clé dans cette fonction de l’organisme. C’est ce qui a justifié leurs travaux.

Transportées à bord de la navette Atlantis, les souris sont restées 13 jours et demi dans l’espace avant d’être rapatriées sur Terre. A leur retour, elles étaient en bien moins bonne santé. Elles présentaient des dégâts similaires à ceux observés chez les êtres humains alités : fonte de la masse musculaire et transformation des protéines en acides aminés. « La question est de savoir en quoi cela affecte le foie », souligne Karen Jonscher.

En effet, le vol spatial active les cellules spécialisées capables d’induire une scarification du foie, et donc provoquer des dommages à long terme. S’y ajoutent une plus grande capacité à stocker les graisses, une perte de la forme animale de la vitamine A – le rétinol – et une expression différentes des gènes chargés de la destruction des graisses.

Un an de vol vers Mars

Les souris présentaient donc des signes de stéatose hépatique non alcoolique (NASH) après deux semaines de voyage spatial. Les chercheurs ont aussi noté des signes pouvant indiquer un début de fibrose, complication grave de la NASH. Or, comme le souligne Karen Jonscher, il faut plusieurs mois, voire plusieurs années, avant de provoquer de tels dégâts chez un rongeur.
« Si une souris présente des signes naissants de fibrose, sans changement de régime, après treize jours et demi, qu’arrive-t-il à l’homme ? » s’interroge-t-elle.

Pour apporter la réponse à cette interrogation, d’autres travaux seront bien sûr nécessaires. Les auteurs souhaitent notamment découvrir si des mécanismes de compensation se mettent en place lorsque le vol en microgravité se prolonge. Ils pourraient s’avérer précieux pour les équipes qui se préparent aux missions martiennes. Car le vol vers la planète rouge sera bien plus long que celui nécessaire pour rallier la Lune : au moins un an sera nécessaire.

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Pas de règles pour les femmes dans l’espace

Eviter les saignements menstruels est une préoccupation récente dans le milieu aérospatial. Mais elle n’est pas anodine : pour une mission de trois ans, la prise d’une pilule en continue signifie l’ajout de 1 100 comprimés dans le paquetage. La masse est considérable. Alors vaut-il mieux opter pour le stérilet ou les implants sous-cutanés ? C’est la question que se posent deux chercheuses dans la revue npj Microgravity.

Pour les vols de longue durée, la suppression des règles est préférable, tranchent-elles. La méthode la plus utilisée reste la prise de contraceptifs oraux combinés. Mais sur le plan des économies d’espace et des déchets, les contraceptifs d’action longue de type implant ou stérilet seraient plus indiqués. Elles sont sûres – rien ne montre un mouvement du dispositif malgré la forte gravité imprimée au moment du décollage ou de l’atterrissage – mais relativement peu utilisées par les astronautes.

Les deux auteurs de cet édifiant article appellent à davantage de travaux dans ce domaine. Ils insistent sur l’importance de lever un doute majeur concernant les effets de la pilule sur la perte minérale osseuse dans l’espace. Car les astronautes souffrent déjà de ce phénomène en condition normale. Et certains choix de contraception, comme la progestérone seule, pourraient bien aggraver le problème. La question doit être élucidée.

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