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QUESTION D'ACTU

Etude dans The Lancet Neurology

Les astronautes ne peuvent pas se passer de somnifères

Les astronautes ont des dettes de sommeil pendant leurs voyages dans l’espace. Pour les solder, ils se fient souvent aux somnifères, selon une récente étude, ce qui n’est pas sans risque.

Les astronautes ne peuvent pas se passer de somnifères N.A.S.A/SIPA

  • Publié 08.08.2014 à 10h50
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Les astronautes, accros aux somnifères ? Selon une récente étude, commandée par la NASA et dirigée par la section « Sommeil et troubles circadiens » de l’hôpital Brigham and Women’s de Boston (Massachusetts, Etats-Unis), ces voyageurs de l’espace accumulent les dettes de sommeil. Et pour les solder, une seule solution, d'après les résultats parus dans The Lancet Neurology : les hypnotiques.

 

Une dette de sommeil considérable

Dans le cadre de cette recherche, l’équipe de médecins a analysé le sommeil de 64 astronautes affectés à une mission en navette, et 21 astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Ils ont enregistré les données relatives aux 4 000 nuits passées sur Terre et 4 200 nuits dans l’espace. Le tout a duré 10 ans et livre des résultats édifiants.

 

La NASA prévoit, en théorie, que chaque membre de l’équipe de vol dorme 8 heures 30 par nuit. Dans la pratique, les astronautes ne dépassent pas les 6 heures lors d’une mission en navette et peinent à les dépasser à bord de l’ISS. Ils ne sont que 12 % en navette et 24 % dans l’ISS à dormir plus de 7 heures… Et cette dette de sommeil se construit avant même le décollage puisque les astronautes dorment en moyenne 6 heures 30 par nuit pendant la phase d’entraînement, qui commence 3 mois avant la mise à feu.

 

3/4 des astronautes prennent des somnifères

« Le manque de sommeil est omniprésent chez les membres d’une équipe. Il est clair que les mesures les plus efficaces sont nécessaires pour leur garantir un sommeil adéquat, à la fois pendant l’entraînement et le vol spatial, puisque le manque de sommeil a été associé à une baisse des performances dans de nombreuses études en laboratoire ou sur le terrain », analyse le Dr Laura Barger, auteur de l’étude. Ces « mesures » ne sont pourtant pas les moins risquées. Les 3/4 des membres de la Station spatiale internationale ont pris au moins une fois un somnifère au cours de leur mission. C’est pire en navette : 78 % des astronautes ont consommé des hypnotiques pendant la moitié de leur voyage. 

 

Une gêne pour le travail

Si assurer une bonne qualité de sommeil est crucial, pour préserver les performances des professionnels, le recours aux somnifères n’est pas la solution, commente le Dr Charles Czeisler, principal auteur de l’étude : « La capacité d’un membre de l’équipe à être performant s’il est réveillé par une alarme d’urgence peut être gênée par l’usage de médicaments somnifères. » Cette observation est d’autant plus inquiétante que les autorités sanitaires l’affirment : il est déconseillé de conjuguer hypnotiques et tâches réclamant un état d’éveil optimal. La solution à ce problème est entre les mains de la NASA, estime le Dr Czeisler : « Les futures missions d’exploration spatiale vers la Lune, Mars ou au-delà demanderont le développement de contre-mesures plus effectives pour favoriser le sommeil durant le vol, dans le but d’optimiser les performances humaines. Ces mesures pourraient inclure des modifications des programmes, une exposition chronométrée à certaines ondes de lumière, et des stratégies comportementales pour s’assurer d’un sommeil adéquat – ce qui est essentiel pour rester en bonne santé, performant et en sécurité. »

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