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QUESTION D'ACTU

Tests rapide à orientation diagnostique

VIH : le nombre de tests "TROD" a doublé en France

Destiné aux populations à risque d'infection par le VIH, les TROD ont connu une nette progression depuis 2012. Un tiers de ceux qui y ont eu recours ne s'était jamais fait dépisté.

VIH : le nombre de tests \ CORNIER GAEL/SIPA

  • Publié 01.12.2015 à 11h36
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Une piqûre au bout du doigt, une goutte de sang prélevée, et quelques minutes plus tard, un premier diagnostic. Cette méthode de dépistage du VIH est en train de faire ses preuves en France. Réglementé depuis 2010, le TROD (Test rapide à orientation diagnostique) se voit de plus en plus utilisé en milieu communautaire. A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, ce 1er décembre, l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) fait le bilan sur trois ans d’utilisation de ce dispositif complémentaire.

25 % de dépistages trop tardifs

Plus de 5 millions de sérologies VIH sont réalisées chaque année dans le pays. Mais un quart des infections sont encore découvertes à un stade tardif, c’est-à-dire lorsque les lymphocytes T CD4+ sont à un niveau faible (moins de 200 cellules par mm3 de sang). L’arrivée des TROD a laissé espérer que les associations pourraient atteindre une population jusqu’ici laissée à l’écart.

De fait, 30 % des personnes qui se sont soumises à un TROD n’avaient jamais réalisé de dépistage. Un geste utile puisque presque 1 % des dépistages ont abouti à un résultat positif – confirmé par une sérologie classique.
Les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes (HSH) et les migrants sont davantage concernés par cette tendance, qui marque toutefois une baisse en 2014. La courbe est inverse pour les usagers de drogues injectables.

 

Ne pas trop élargir la cible

Les publics touchés par les tests rapides à orientation diagnostique sont de plus en plus variés, sans doute parce qu’ils sont davantage réalisés en dehors des locaux des associations. En 2012, ils représentaient la moitié des dépistages. En 2014, les TROD réalisés « hors les murs » ont atteint 68 % du total. Mais aux yeux de Marc Dixneuf, Directeur général délégué d’AIDES contacté par Pourquoidocteur, il ne faut pas tomber dans le piège du dépistage trop élargi. Bien au contraire, mieux vaut cibler les populations. « La difficulté du TROD, c’est de toucher le plus grand nombre de personnes concernées par l’épidémie d’infection à VIH, et de ne pas glisser vers un dépistage généraliste, avertit-il. Le TROD a pour fonction d’offrir le dépistage aux gens les plus éloignés du soin. »

Ecoutez...
Marc Dixneuf, Directeur général délégué d’AIDES : « On peut devoir ajuster nos actions parce qu’on doit vraiment aller vers les gens qui prennent des risques. C’est vraiment l’objectif du TROD. »

 

« Trouver les bons lieux »

La Direction Générale de la Santé (DGS) s’était fixé l’objectif de 80 000 TROD. Après trois ans de suivi, le but n’est toujours pas atteint, malgré une belle dynamique : le nombre de tests réalisés est passé de 31 700 à 61 600. « Tout l’enjeu des TROD, c’est la montée en charge, tenir le volume dans la durée, et surtout tenir le ciblage, c’est-à-dire s’adresser aux groupes les plus concernés par l’épidémie, ce qui est un vrai défi, explique Marc Dixneuf. Cela signifie qu’il faut savoir mesurer nos actions, les évaluer et éventuellement les modifier ou les réorienter. Tout le défi c’est de trouver les bons lieux. »

Ecoutez...
Marc Dixneuf : « Si on prend les publics gays, on identifie les lieux de sociabilité gays. On s’implante dans une petite place, avec plusieurs stands à proximité des bars les plus fréquentés. »


Les hommes restent largement majoritaires dans le recours aux TROD : ils représentent 70,7 % du public atteint. Mais les transsexuels ont aussi été touchés par ce dépistage (0,7 %). « Ce dispositif a trouvé sa place au côté des autres modalités de dépistage même s’il reste encore marginal par rapport à l’activité de dépistage au laboratoire d’analyses médicales », estiment les auteurs. Parmi les freins identifiés au développement des TROD, le temps nécessaire pour développer les tests en dehors des murs.

Message reçu par la ministre de la Santé, Marisol Touraine : elle lance ce 1er décembre une campagne en faveur du dépistage, avec en ligne de mire les populations les plus exposées au virus. Afin de compléter encore le dispositif actuel, les autotests seront mis à disposition gratuitement par l’intermédiaire des associations et des structures de prévention.

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