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Autotest VIH : le prix élevé limite l'accès

Les autotests VIH constituent un outil précieux pour améliorer le dépistage du sida. Pour autant, le prix élevé constitue un frein.

Autotest VIH : le prix élevé limite l'accès Société AAZ

  • Publié 18.09.2015 à 10h52
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Les autotests de dépistage du VIH sont désormais disponibles en pharmacie. Cet outil s’ajoute à la panoplie de ceux existants, qui permettent de détecter le virus du sida alors qu’on estime à 30 000 le nombre de séropositifs qui s’ignorent.

Découvrir 4 000 séropositivités

Dans un avis rendu en décembre 2012, le Conseil National du Sida a estimé que ces tests permettraient de « découvrir 4 000 nouvelles séropositivités VIH et d’éviter 400 nouvelles infections ». Un chiffre obtenu à partir des données collectées aux Etats-Unis, où il est en vente depuis 2012, et extrapolées au modèle français.

Globalement, les acteurs de la lutte contre le virus du sida voient d’un œil favorable la commercialisation en France de ces autotests, qui délivrent un diagnostic fiable à 99 %, au moins trois mois après un rapport sexuel à risque.
Toutefois, un élément attise les critiques, concernant le prix de cet outil non remboursé – entre 25 et 30 euros en pharmacie.

Porte ouverte aux contrefaçons

De fait, ce coût élevé limitera l’accès à certaines populations sans ressources, considérées à risque du fait de leur pays d’origine où la prévalence du VIH est élevée. « Les migrants par exemple, pourront difficilement acheter un test à 30 euros, remarque Francis Marion, médecin généraliste à Grenoble, qui a participé au rapport de la Haute autorité de santé (HAS) sur les autotests VIH. Le prix est vraiment prohibitif pour toute une partie de la population ». Les jeunes (adolescents, étudiants…) auront eux aussi des difficultés à investir une telle somme.

Le problème, selon ce praticien, réside dans le fait que de nombreux patients pourraient être tentés d’acquérir l’outil sur Internet, où les contrefaçons abondent. « On trouve des tests à des prix qui battent toute concurrence, mais beaucoup ne sont pas fiables et sont à la limite de la tromperie ! Certains ont l’air d’être estampillés CE, mais, dans les faits, ils ne disposent pas du marquage. Il faut vraiment se méfier et se renseigner plutôt deux fois qu’une sur les produits achetés en ligne ». Actuellement en France, seuls les tests fabriqués par la société AAZ et commercialisés par le laboratoire Mylan ont obtenu la certification CE.

Dans le milieu associatif, on prend acte de ce prix, qui semble se justifier par des coûts de fabrication élevés. « Par rapport aux TROD (test rapide d’orientation diagnostique), les autotests sont beaucoup plus pratiques et esthétiques, ce qui peut expliquer le prix de cette première série, explique Fred Bladou, responsable à AIDES. La situation de monopole sur le marché français est probablement un autre facteur ». Un autre fabricant pourrait commercialiser ses autotests VIH d’ici quelques mois en France, ce qui aurait pour conséquence de casser les prix.

Par ailleurs, d’ici six mois, les associations engagées dans la lutte contre le sida recevront quelques autotests. « Mais le nombre sera limité, poursuit Fred Bladou. Nous ne serons pas en mesure de combler tous les besoins et d’en distribuer gratuitement à tous ceux qui le souhaiteraient ». AIDES devrait ainsi en recevoir entre 10 000 et 20 000.

 

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