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Cancer du poumon : les non-fumeurs de plus en plus victimes

La part de non-fumeurs atteints de cancers du poumon a doublé depuis 2008. Les facteurs génétiques et environnementaux seraient en cause.

Cancer du poumon : les non-fumeurs de plus en plus victimes SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 11.09.2015 à 12h32
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Le cancer du poumon ne frappe pas seulement les consommateurs de tabac. Les non-fumeurs seraient de plus en plus exposés à cette pathologie, selon deux études présentées à la conférence de l’Association Internationale des Etudes sur le Cancer du Poumon (Denver, Etats-Unis).

Des taux doublés

Les travaux, menés au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, montrent en effet que la part de non-fumeurs atteints de cancers du poumon non à petites cellules (CPNPC) ne cesse de croître. Les chercheurs britanniques observent ainsi que depuis sept ans, ce taux est passé de 13 % à 28 % des CPNPC. Ils se fondent sur les données de 2 170 patients.

Dans l’étude américaine, réalisée sur 12 000 patients de trois hôpitaux des Etats-Unis entre 1990 et 2013, les scientifiques ont calculé que ce taux est passé de 9 % au début des années 1990 à 15 % en 2011. Les femmes non-fumeuses sont plus exposées au risque de développer un CPNPC.
 

Pollution, amiante…

Des résultats peu étonnants, selon Karen Reckamp, directrice médicale au City of Hope Cancer Center (Californie). « Alors que les taux de consommation de tabac déclinent, on diagnostique de plus en plus de cancers du poumon chez des patients qui n’ont aucun passé tabagique », commente-t-elle dans un communiqué.

Les cancers du poumon qui affectent les non-fumeurs semblent différents de ceux qui frappent les fumeurs. « Il s’agit d’une entité pathologique distincte qui présente souvent des changements génétiques spécifiques », précise la chercheuse.

Ces cancers seraient liés à des facteurs génétiques et environnementaux. Un constat qui confirme les résultats d'une étude menée à Paris, selon laquelle vivre dans une ville polluée revient à s’exposer à un tabagisme passif permanent.
Outre la pollution et les facteurs génétiques, les chercheurs soupçonnent l’amiante d’être à l’origine de cette hausse des cancers chez les non-fumeurs. En revanche, l’amélioration des outils de diagnostic et du suivi médical des patients ne semble pas avoir joué un rôle dans cette augmentation de la prévalence.

 

Un diagnostic trop tardif

Le cancer du poumon non à petites cellules est le cancer du poumon le plus commun, et l’un des plus agressifs. Il est souvent diagnostiqué à un stade avancé, et particulièrement difficile à détecter chez des non-fumeurs puisqu’ils ne sont pas considérés comme des sujets à risque, alors que des gros fumeurs auront tendance à bénéficier d’un dépistage ciblé.

La plupart des patients atteints de cancers du poumon ne présentent aucun symptôme avant un stade avancé de la maladie. Toutefois, les experts invitent tous ceux qui manifestent des toux persistantes, des enrouements et des bronchites régulières, à se faire dépister chez leurs médecins, qu’ils soient fumeurs ou qu’ils n’aient jamais touché la moindre cigarette de leur vie.

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