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Connexions cérébrales

Autisme : pourquoi les prématurés sont plus à risque

L’autisme touche davantage les enfants prématurés que ceux nés à terme. Une différence qui serait liée au manque de connexions dans certaines région du cerveau, selon une étude.

Autisme : pourquoi les prématurés sont plus à risque Michael Ciaglo/AP/SIPA

  • Publié 05.05.2015 à 11h47
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Les bébés prématurés n’ont pas le même cerveau que ceux nés à terme. C’est ce qu’observent des chercheurs du King’s College de Londres (Royaume-Uni) dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Ces différences structurelles expliqueraient notamment pourquoi les nourrissons nés avant terme sont plus à risque d’autisme et de troubles neuro-développementaux.


Dans la population des prématurés, 5 % souffrent d’autisme, contre 1 % dans la population générale, a conclu en 2011 une étude parue dans Pediatrics. La cause de cette observation, en revanche, n’a pas été déterminée. Dans PNAS, l’équipe londonienne a étudié par IRM le cerveau de 66 nouveau-nés, dont 47 étaient nés avant 33 semaines de grossesse. Les spécialistes se sont concentrés sur les liaisons entre le thalamus et le cortex, qui se forment rapidement au cours de la période durant laquelle un prématuré est traité dans une unité de soins néonataux.

 

Un manque de connexions

La structure cérébrale des enfants nés à terme (37-42 semaines d’aménorrhée) est similaire à celle des adultes. En revanche, les prématurés présentent moins de connexions entre le thalamus et les régions du cortex impliquées dans la fonction cognitive. A l’inverse, les connexions entre le thalamus et une zone du cortex sensoriel primaire sont beaucoup plus nombreuses. Cette aire cérabrale sert à analyser les signaux émis par le visage, les lèvres, la mâchoire, la langue et la gorge. Selon les auteurs, cette « hyper-connectivité » peut être liée à une exposition précoce à l’allaitement ou au biberon. Le manque de connexion dans le cortex, lui, pourrait expliquer les difficultés neuro-développementales qui surviennent plus tard.

« La prochaine étape de nos travaux consistera à mieux comprendre comment ces changements sont associés aux difficultés d’apprentissage, de concentration et aux difficultés sociales que bon nombre de ces enfants connaissent en grandissant », conclut le Dr Hilary Toulmine, principal auteur de l’étude. Ces résultats sont d’autant plus important que plus l’enfant naît tôt avant le terme, plus les différences de connexion sont marquées.

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