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Congrès SFD 2015

Diabète de type 1 : l'espérance de vie des malades réduite de 12 ans

Les personnes atteintes de diabète de type 1 vivent 12 ans de moins que le reste de la population, selon le Pr Fabrice Bonnet. 

Diabète de type 1 : l'espérance de vie des malades réduite de 12 ans West Coast Surfer / Moo/REX/SIPA

  • Publié 26.03.2015 à 14h00
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Pour un patient touché par un diabète de type 1, l’élévation prolongée de la concentration de glucose dans le sang est due à la destruction des cellules du pancréas spécialisées dans la production d’insuline. Et ce dérèglement, qui représente environ 10 % des cas de diabète en France (et dans le monde), ne cesse de progresser. Avec des conséquences terribles puisque les personnes atteintes de cette maladie ont une espérance de vie largement en-dessous de celle autres. C’est ce qu'a expliqué à la rédaction de Pourquoidocteur le Pr Fabrice Bonnet, Chef du Service de Nutrition au CHU de Rennes, en direct du Congrès annuel de la Société Francophone du Diabète. 


Une espérance de vie réduite de 12 ans

En se basant sur une étude écossaise (Université de Dundee) publiée ce mois-ci (mars 2015) dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), le Pr Fabrice Bonnet révèle que « l’espérance de vie est clairement réduite dans le DT1. Les chercheurs chiffrent à 12 ans en moyenne la réduction de l’espérance de vie dans le diabète de type 1 par rapport à une population non diabétique d’âge équivalent. C'est important ! » D’après ce spécialiste, cet excès de mortalité serait avant tout lié aux complications cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC). En cause, l'exposition à l'hyperglycémie chronique.

Les explications du Pr Fabrice Bonnet, chef du Service de Nutrition au CHU de Rennes : « Les complications cardiovasculaires sont la cause numéro un des décès chez les diabétiques de type 1, surtout après 40 ans. »


Une amélioration « modeste » de l’espérance de vie
Cependant, « il y a quelques progrès depuis 30 ans, avec une amélioration "modeste" de l’espérance de vie », ajoute le Pr Bonnet. « Modeste », car le suivi de ces patients est difficile.
Mais les personnes qui sont devenues diabétiques après l’adolescence (après 15 ou 20 ans) ne bénéficient pas de ce petit progrès. « Elles ont même un taux d’accidents et de suicides qui n’est pas négligeable. Cette population accepte moins le diabète et a des comportements à risques par rapport à une population qui a commencé tôt son diabète de type 1, dans l’enfance par exemple. »

Les explications du Pr Fabrice Bonnet : « L'équilibre glycémique est compliqué à obtenir dans le DT1. Ca nécessite des multi-injections. Même une pompe à insuline (ou 4 à 5 injections) ne mime pas un pancréas fonctionnel. » 


Prescrire des statines avec modération
« De nombreux efforts en termes de prévention » restent donc à faire, selon le Pr Bonnet. Le risque de mortalité cardiovasculaire est multiplié par trois chez les personnes atteintes de DT1. Ceci incite, par exemple, à être plus vigilant en termes de prescription de médicaments, notamment de statines. »
Dernière précision de ce spécialiste : le risque de mortalité prématurée est plus important chez les femmes. Un constat sur lequel les scientifiques ne sont toujours pas en mesure de fournir des explications. Dans l’attente, « chez ces patientes touchées par le DT1, il ne faut pas négliger les mesures de prévention », conclut le Pr Bonnet.

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