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QUESTION D'ACTU

Journée de sensibilisation 12 décembre

Ablation de la fibrillation atriale : “un taux de réussite relativement bon”

Quand les symptômes de la fibrillation atriale persistent malgré un traitement médicamenteux, les médecins peuvent proposer une ablation. Pourquoi Docteur a interrogé un spécialiste sur cette technique au taux de réussite relativement bon. 

Ablation de la fibrillation atriale : “un taux de réussite relativement bon” monkeybusinessimages/iStock

  • Publié le 12.12.2019 à 15h00
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La fibrillation auriculaire (FA) ou fibrillation atriale, est un trouble du rythme cardiaque. Ce dernier se définit par une activité électrique anarchique et rapide du muscle des oreillettes (cavités supérieures du cœur) et se traduit par la contraction désordonnée et inefficace de ces dernières. Elle survient surtout chez les personnes âgées et souffrant d’une pathologie cardiaque ou d’hyperthyroïdie. Ce trouble peut entraîner de l’insuffisance cardiaque allant de la simple fatigue ou essoufflement à l’effort à la grave altération du muscle cardiaque. Pire encore, une mauvaise vidange des oreillettes en fibrillation et la stagnation du sang qui peut alors coaguler favorisent les risques d'un accident vasculaire cérébral (AVC). 

C’est pourquoi, quand les symptômes de la FA persistent, malgré un traitement arythmique quotidien, il arrive que les spécialistes proposent une ablation de fibrillation atriale. A l’occasion de la journée de sensibilisation à cette affliction ce jeudi 12 décembre, Pourquoi Docteur a interrogé le docteur Guillaume Duthoit, cardiologue à l’hôpital La Pitié-Salpêtrière, à Paris.

“La technique consiste à monter un cathéter par la veine fémorale jusqu’à l’oreillette droite et à réaliser ce que l’on appelle une ponction transceptale à l’aide d’une petite aiguille qui permet d’amener le matériel. Il s’agit d’une sorte de long tuyau, une gaine, dans l’oreillette gauche pour pouvoir délivrer le traitement au niveau des veines pulmonaires. Il faut isoler quatre veines pulmonaires du reste de l’oreillette gauche, soit par cautérisation par le chaud soit par cautérisation par le froid, un petit peu comme on brûlerait une verrue. C’est ce qu’on appelle la cryoablation”, explique le spécialiste.

Un taux de succès relativement bon 

“En dix ans, les temps de procédure se sont considérablement réduits et aujourd’hui, cela peut durer entre une heure et demie et deux heures et demie en moyenne”, poursuit le médecin. Il précise : “Les suites post opératoires consistent à surveiller le patient pendant une à deux nuits post opératoires (…). Le suivi est centré sur la surveillance du point de ponction fémorale pour vérifier qu’il n’y ait pas d’hématome chez un patient anticoagulé. Il faut ensuite vérifier l’échographie cardiaque, s’assurer qu’il n’y ait pas d’épanchement autour du cœur. Le patient sort ensuite. Il est capable de marcher dès le lendemain de l’intervention mais ne doit pas trop forcer ni porter de charges lourdes pendant quinze jours.”

Au niveau des résultats, le taux de succès est relativement bon. Pour un patient qui faisait des crises brèves (moins de deux jours, schématiquement) et ne souffrait d’aucune maladie cardiaque sous-jacente, il est de l’ordre de 90% en une seule intervention. “Ce succès est d’autant plus élevé que l’on va traiter un patient au début de la maladie de la fibrillation atriale et que le patient est jeune avec une oreillette non-dilatée et pas de maladie cardiaque sous-jacente”, explique le docteur Duthoit. 

Plus l’âge du patient avance, plus les complications sont courantes

En moyenne, “les résultats attendus de l’opération sont de l’ordre de 70 à 80% de succès. Il faut parfois refaire une intervention dans moins d’un tiers des cas pour pouvoir arriver à ce succès de 80% et pouvoir arrêter définitivement les anti-arythmiques.”

Sans surprise, plus l’âge du patient avance, plus les taux de réussite diminuent. “Peut-être plus aux alentours de 60-70% (…). Cela augmente également les risque d’une anesthésie générale et d’une intervention sous anticoagulants, poursuit le cardiologue. C’est pour cela qu’il faut proposer le plus tôt possible cette ablation aux patients qui restent gênés malgré les traitements”, conclut-il.

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