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QUESTION D'ACTU

NASH : nouvelle maladie, nouveau marché


  • Publié 15.06.2017 à 09h50
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L’acronyme de quatre lettres n’est pas encore connu de tous, et pourtant la NASH pourrait devenir un véritable fléau sanitaire dans les années qui viennent. La pathologie, aussi appelée « maladie du foie gras », concerne déjà des centaines de milliers de personnes dans le monde, et ça ne devrait pas s’améliorer. Une menace qui pourrait aussi constituer une véritable manne pour l’industrie pharmaceutique, révèle un reportage de l’Agence France-Presse, cité par l’Express.

La France a poussé un ouf ! de soulagement cette semaine, lors de la publication dans le New England Journal of Medicine d’une étude sur l’épidémie mondiale d’obésité. L’Hexagone, contrairement à beaucoup d’autres pays, est parvenu à stabiliser la proportion d’habitants touchés par l’obésité. Mais une étude, de Santé publique France cette fois-ci, faisait l’effet d’une douche froide le lendemain : c’est tout de même un Français sur deux qui est aujourd’hui en surpoids ou obèse !

Autant de personnes qui pourraient bien être rattrapées par la NASH, tôt ou tard. Car la « stéatose hépatique non alcoolique » est avant tout due à l’excès de poids. « A l’heure actuelle, et depuis plusieurs années, cette affection représente plus d’un tiers de mes consultions et cela ne cesse d’augmenter avec le surpoids. La NASH, c’est notre quotidien. Elle touche tout le monde, tous les profils des patients et n’épargne pas les enfants », détaillait récemment le Pr Victor de Lédinghen, chef du service d'hépato-gastroentérologie au CHU de Bordeaux, dans nos colonnes.

Dans les pays occidentaux, 3 à 11 % des enfants seraient en effet touchés par la NASH. Parmi les jeunes patients obèses ou en surpoids, 46 % présentent des symptômes. « L’incidence de la stéatose métabolique pédiatrique continue à progresser parallèlement à l’épidémie d’obésité chez les enfants », nous confirmait le Pr Lawrence Serfaty, hépatologue à l’hôpital Saint-Antoine (Paris).

Revers de cette inquiétante épidémie : tous ces patients représentent un marché florissant pour les laboratoires déjà positionnés en hépatologie ou qui s’y sont lancés. Les premières opérations autour de la NASH auraient débuté en 2015, révèle l’AFP. En 2016, l’Américain Allergan a racheté Tobira, biotech californienne, pour 1,7 milliard de dollars. Le laboratoire s’est aussi associé au Suisse Novartis pour mener des recherches et des essais communs. Giles, Intercept, et le Français Genfit sont aussi dans la course.

A terme, les prix des traitements de la NASH pourraient atteindre 13 à 15 000 dollars par patient et par an aux Etats-Unis et deux fois moins en Europe, a confié Jean-François Mouney, PDG de Genfit, à l’AFP.

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