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QUESTION D'ACTU

Les hôpitaux soumis au régime maigre


  • Publié 09.03.2015 à 09h34
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  • ARS

Les mots s’affichent en gros caractères à la Une de Libération : « La purge qui menace l’hôpital ». Le quotidien dévoile aujourd’hui une note de 69 pages adressée aux Agences régionales de santé (ARS). Intitulée « Kit de déploiement régional du plan ONDAM (1) à destination des ARS », ce document donne le mode d’emploi, notamment, pour parvenir à 10 milliards d’euros d’économie à l’horizon 2017, dont 3 milliards sur l’hôpital.

Et l’éditorialiste du journal, David Carzon, n’y va pas par quatre chemins : « Ce kit est d’abord un instrument comptable, technocratique qui agit de manière aveugle en se basant sur des indicateurs de performance et des objectifs économiques, comme si chaque dépense de santé fonctionnait de manière cloisonnée ». La charge est d’autant plus lourde que Marisol Touraine doit présenter ce lundi son projet de loi santé lors d’une conférence de presse.

Or, tant sur la forme que sur le fond, ce texte traduit une contradiction entre les paroles et les actes. « Un double langage », dénonce Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France, interrogé par le journaliste Eric Favereau. Alors que les ARS ont été mises en place pour adapter l’offre de soins aux spécificités régionales, voilà qu’un mode d’emploi national des économies met en pièce cette volonté de décentralisation. « Avec ce plan, on assiste à l’étatisation rampante du système hospitalier », renchérit le représentant de l’hospitalisation publique.

La diète de 3 milliards d’euros prévue pour les hôpitaux n’a pas « vocation à baisser les effectifs hospitaliers », a assuré, en fin de semaine, Marisol Touraine. « Le gouvernement ne veut pas assumer », rétorque le journal. Le chiffre de 22 000 postes supprimés dans les trois ans a été évoqué et le "kit" fait état d’une économie de 850 millions d’économie sur masse salariale pour 2015-2017.

Des hôpitaux trop nombreux et qui coûtent trop cher, rares sont ceux, parmi les spécialistes, qui remettent en cause ce constat et la nécessité de remettre de l’ordre. Mais, comme le souligne dans le quotidien Philippe Batifoulier, enseignant à Paris-Ouest Nanterre, la santé est la grande absente de ce document adressé aux ARS. « On a devant soi le document d’une entreprise commerciale qui doit faire des économies », explique-t-il. Prenant l’exemple de la chirurgie ambulatoire – qui permet au patient de rentrer chez lui après une intervention – et que les pouvoirs publics veulent encourager, cet expert enfonce le clou : « On a l’impression que le patient est une sorte de patate chaude, dont il faut se débarrasser. »

(1) Objectif national des dépenses d’assurance maladie

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