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Temps de travail

Internes : les gardes plus courtes profiteraient aux médecins, pas aux patients

Des gardes plus courtes n'apportent pas de vraie amélioration à la santé des patients, En revanche, selon cette étude, la prise en charge des patients serait moins bonne.

Internes : les gardes plus courtes profiteraient aux médecins, pas aux patients OLYMPIA/SIPA

  • Publié 10.02.2015 à 06h38
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La durée des gardes des urgentistes jouerait un rôle sur la qualité de la prise en charge des patients, mais peut-être pas dans le sens que l’on croirait. Des gardes plus courtes, si elles améliorent un petit peu la qualité de vie des urgentistes, auraient surtout des conséquences négatives sur les patients, selon une étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal.

Dans de nombreux hôpitaux canadiens mais aussi partout dans le monde, les gardes sont écourtées, de 24 heures à 16 heures voire 12 heures, afin d’alléger la fatigue des internes et réduire les erreurs médicales qui peuvent en résulter. En France, les internes, en grève en novembre dernier sur la question du temps de travail, pourraient voir prochainement leur temps de travail réduit (même s'ils attendent encore la publication des décrets). Cette étude canadienne devraient donc probablement susciter de l'intérêt même de ce côté de l'Atlantique.

Pour leur recherche, les scientifiques ont suivi 47 internes officiant dans deux CHU canadiens. Durant le temps de l’étude, il y a eu 971 admissions dans les unités de soins intensifs.

Les résultats montrent que les internes qui devaient réaliser des gardes plus courtes ne se sentaient en réalité pas moins fatigués. L’analyse de plus de 1700 mesures du sommeil des 47 participants ne montre en effet pas de différences significatives en fonction de la durée de leurs gardes. L’envie de dormir était la même pour les personnes qui réalisaient des gardes de 12, 16 ou 24 heures. Néanmoins les symptômes du manque de sommeil (maux de tête, douleurs oculaires, nausées, vertiges,  palpitations et douleurs musculaires) étaient plus intenses chez les personnes qui effectuaient des gardes de 24 h.

Plus surprenant, l’étude révèle que si le taux d’erreurs était bas, il était le plus important pour les gardes de 12 heures : 7 des 8 erreurs ayant eu lieu durant l'étude ce sont passées lors de gardes de 12 heures.

Les équipes de soins intensifs percevaient quant à elle que les gardes de 16 heures étaient associées avec des décisions cliniques de moins bonne qualité, en partie parce qu'elles expliquaient connaître moins de détails cliniques et sociaux sur leurs patients.

Une des explications de ces résultats pourraient être que des gardes plus courtes nécessitent des transmissions entre soignants plus fréquentes, ce qui augmente les risques de perte d’information. Les gardes courtes ne rimeraient donc pas forcément avec des soins meilleurs.

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