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QUESTION D'ACTU

Temps de récupération plus court

Sommeil : une mutation génétique pousse à moins dormir

Une nouvelle étude s'intéresse à l'influence d'un gène sur le cycle de sommeil de jumeaux adultes. Les chercheurs découvrent que les quotas de sommeil varient d'une personne à l'autre. 

Sommeil : une mutation génétique pousse à moins dormir POUZET/SIPA

  • Publié 05.08.2014 à 17h58
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Nous ne sommes pas tous égaux face au sommeil. Certains ont besoin de dormir 8 heures tandis que 5 heures suffiront à d’autres. Selon une nouvelle étude américaine, ces différences ne seraient pas dues à un caprice paresseux mais à la constitution biologique des individus. Publiée dans la revue Sleep, elle démontre que les porteurs du gène BHLE41 auraient besoin de moins d’heures de sommeil que les autres et bénéficieraient d’une plus grande résistance face au manque de sommeil.

Une plus grande résistance au manque de sommeil
Réalisée par une équipe de l'Académie américaine de la médecine du sommeil, l’étude a examiné le sommeil de 100 paires de jumeaux du même sexe ne présentant aucun trouble chronique particulier. Un porteur du gène muté, le BHLE4, dormait en moyenne 5 heures par nuit, contre 6 heures 5 minutes chez son jumeau. Ils étaient aussi plus résistants face au manque de sommeil. Les chercheurs ont empêché les jumeaux de dormir pendant une nuit, et ont mesuré le comportmenet psychique des participants à partir d'un test psychomoteur de vigilance réalisé toutes les deux heures. Les porteurs du gène muté étaient 40 % plus performants sur le plan physique que leur jumeau non-porteur. Le temps nécessaire pour récupérer après cette privation est également moins long chez les porteurs du gène : 8 heures contre 9,5 heures.

 

« Cette étude est la seconde à faire le lien entre la génétique et le quota de sommeil propre à l’individu. Mais c’est la première fois que l’on peut évaluer la capacité de résistance au sommeil à partir d’un gène », précise Reneta Pellegrino, l’auteur principal de l’étude. « La mutation a été associée à la résistance aux effets neurocomportementaux de privation de sommeil », ajoute-t-elle.

 

Le manque de sommeil est néfaste pour la santé
Selon une enquête menée par l'Institut du sommeil et de la vigilance (INSV), les jeunes adultes (25-35 ans) dorment 7 à 8 heures par nuit. Chez les adultes âgés de 35 à 55 ans, le temps de sommeil moyen est inférieur à 7 heures. Et environ un quart de la population se plaint d'insomnie. Dans une société qui pousse à être de plus en plus actif, les résultats de cette étude pourraient laisser penser qu’il est bien pratique d’être porteur du gène BHLE41. Cependant, les conséquences d’un manque de sommeil, ou d’un sommeil perturbé, ne sont pas à prendre à la légère. En altérant la concentration, cette privation peut provoquer des accidents de la route. Elle favorise également une situation de stress qui, à long terme, diminue les capacités de résistance du système immunitaire et augmente le risque de maladies graves.

 

Une récente étude a également démontré que le manque de sommeil peut ralentir le métabolisme et augmenter l’appétit, pointant ainsi un risque éventuel d’obésité et de diabète. Ces conséquences sont-elles atténuées pour les porteurs du gène BHLE41 ? Les auteurs de l’étude ne le précisent pas. Timothy Morgenthaler, président de l'Académie américaine de la médecine du sommeil, précise toutefois que « cette étude souligne que notre besoin de sommeil est un besoin biologique, pas une préférence personnelle. »

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