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QUESTION D'ACTU

Gène SKA2

Suicide : un facteur génétique se repère dans le sang

Un facteur génétique qui influence le risque de suicide peut être traqué dans le sang. Il ne reste toutefois qu’un des multiples facteurs à l’oeuvre dans cette maladie complexe.

Suicide : un facteur génétique se repère dans le sang DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 01.08.2014 à 18h34
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Une simple prise de sang pour détecter les personnes prédisposées génétiquement au suicide. Une étude de l’American Journal of Psychiatry démontre que l’on peut retrouver dans le sang la trace d’un gène qui augmente le risque de mettre fin à ses jours. Il ne faut pas pour autant verser dans le déterminisme : de nombreux facteurs environnementaux contribuent aussi à cette maladie, rappelle le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre à l’hôpital Bichat (Paris) contacté par pourquoidocteur.

 

« Le gène n’est qu’un des facteurs »

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont conclu à l’influence du gène SKA2 dans le risque de suicide. Chez les personnes qui envisagent ou tentent de mettre fin à leurs jours, ils ont observé que ce gène était sous-exprimé. Il agit justement dans le cortex préfrontal, une aire cérébrale qui inhibe les pensées négatifs et les comportements impulsifs. Ce gène en particulier agit sur les récepteurs des hormones du stress, dont le cortisol.

 

« Cette étude confirme qu’il existe certaines conformations génétiques, associées à un plus grand risque de suicide », analyse le Pr Michel Lejoyeux. Mais à ses yeux, la responsabilité de ce gène doit être limitée : de nombreux facteurs coexistent. « Cela veut dire que, dans certains cas, certaines formes de chromosomes augmentent le risque de suicide. Mais il faut se rappeler que ces facteurs s’additionnent avec la personnalité, les éléments de vie. Le gène n’est pas le seul déterminant, ce n’est qu’un des facteurs. »

 

Surveiller et intervenir

Les résultats de l’étude évoquent aussi la piste de l’épigénétique, c’est-à-dire comment le mode de vie, l’environnement, influencent les gènes. Dans certains échantillons, les chercheurs ont observé une légère modification du gène SKA2. Elle n’empêchait pas totalement son expression, mais le perturbait. « Ce qui est révolutionnaire, c’est que l’expression des gènes n’est pas stable. Cela veut dire que l’environnement agit sur nos gènes, et qu’il n’y a pas de fatalité », souligne le Pr Lejoyeux. « On peut tout à fait imaginer qu’on ait une prédisposition et que, grâce à l’environnement, la réduction du stress et la vigilance vis à vis des autres facteurs, on puisse réduire ce risque. »

 

Cette étude permet surtout de mieux comprendre quels facteurs génétiques influencent le risque de suicide. Selon les chercheurs, repérer ce gène chez les patients pourrait ouvrir à une surveillance personnalisée. En intervenant sur les autres facteurs de risques, les psychiatres éviteraient ainsi l’escalade vers le suicide. « On est plus dans du travail de recherche, qui nous explique quels gènes sont impliqués », limite le Pr Lejoyeux. Il déplore d’ailleurs le manque de chiffres français dans ce domaine et appelle à le « remédicaliser » : « En France, nous manquons de données sur la fréquence du suicide, le nombre de morts par suicide. Il s’agit de la principale cause de mortalité avant 40 ans, et il mérite qu’on recherche ses causes. Génétiques, mais pas uniquement. »

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