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Le 1er malade identifié

Ebola : le virus qui circule en Guinée est une nouvelle souche

Une équipe internationale a identifié la souche du virus Ebola qui fait rage en Guinée. Il s’agit d’une branche similaire à la souche Zaïre, virulente et mortelle dans 86% des cas.

Ebola : le virus qui circule en Guinée est une nouvelle souche Structure de soins spécialisée de Médecins Sans Frontières (MSF) à Guéckédou (Kjell Gunnar Beraas/AP/SIPA)

  • Publié 17.04.2014 à 22h57
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C’est bien une nouvelle souche du virus Ebola qui sévit en Guinée. Dans le New England Journal of Medicine, une équipe internationale, dont celle qui a identifié le virus, retrace l’évolution du virus qui a fait plus de 70 victimes à ce jour et continue de faire rage. Les chercheurs sont parvenus à déterminer le premier patient suspecté ainsi que les principaux vecteurs de l'épidémie.

 

Ebola sans hémorragie

C’est une équipe française, du laboratoire P4 de l’Institut Pasteur et de l’Inserm à Lyon (Rhône) qui a identifié la souche émergente de Guinée. Dans cette étude, qui rassemble leur travail, celui de chercheurs allemands, mais aussi des médecins sur le terrain en Guinée et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une souche très semblable au Zaire ebolavirus (EBOV) est décrite. Elle se caractérise par de la fièvre, une diarrhée sévère et des vomissements, mais pas d’hémorragie. Elle est létale à 86%.

 

Les 20 premiers patients identifiés ont servi à retranscrire le parcours d’Ebola. « Le haut degré de similarité entre les 15 séquences partielles, en plus des 3 séquences complètes et des liens épidémiologiques entre les cas, suggère une introduction unique du virus dans la population humaine. Cette introduction semble avoir eu lieu début décembre, voire plus tôt », écrivent les auteurs.

 

En rouge, les foyers d'Ebola en Guinée (source : NEJM)

 

Deux professionnels de santé ont propagé Ebola

Si les cas suspects ont été notifiés à l’OMS en mars 2014, la contamination aurait eu lieu bien plus tôt, révèle l’étude. A ce stade, le premier cas serait un enfant de deux ans, mort en décembre 2013 à Meliandou, dans la préfecture de Guéckédou. Mais, triste ironie, le principal vecteur de contamination est un professionnel de santé. Il aurait propagé le virus d’Ebola à Macenta, Nzérékoré et Kissidougou en février dernier. Le 15e patient, médecin, a également contaminé ses proches dans les mêmes zones.

 

Lorsque l’étude s’est arrêtée, quatre foyers différents étaient confirmés : le district de Baladou (préfecture de Guéckédou), de Farako (préfecture de Guéckédou), Macenta et Kissidougou. Les cas suspects s’élevaient alors à 111 malades, dont 79 décès. Le VISOV (Volontaires internationaux en soutien aux opérations virtuelles) a mis au point une carte qui tient à jour les cas signalés.

 

L’origine animale de l’épidémie n’a pas encore été identifiée. Les chercheurs soupçonnent pour le moment une introduction de la souche d’Ebola plusieurs mois avant les premiers cas. « Cela suggère que la souche EBOV de Guinée a évolué en parallèle avec les souches de RDC et du Gabon à partir d’un ancêtre récent, et n’a pas été introduit en Guinée depuis ces pays », souligne les auteurs. « Les réservoirs potentiels de l’EBOV, des chauves-souris frugivores de l’espère Hypsignathus monstrosus, Epomops franqueti et Myoncycteris torquata, sont présentes dans une large zone d’Afrique de l’Ouest. L’émergence du virus en Guinée met en lumière le risque d’une épidémie de souche EBOV dans l’ensemble de la sous-région d’Afrique de l’ouest. » A défaut de stopper les épidémies, cette étude permet de la comprendre.

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