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QUESTION D'ACTU

Entretien avec le Dr Marcel Rufo

L'habit ne fait pas la Lolita

Chantal Jouanno s’inquiète, dans un rapport parlementaire, de l’érotisation des petites filles. Une forme de carnaval sans dangereuses conséquences, selon le pédopsychiatre Marcel Rufo.


  • Publié le 09.03.2012 à 09h54
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« Culture de masse basée sur l’apparence et la banalisation des codes de la pornographie, la société a créé les conditions de l’hypersexualisation croissante des enfants », écrit la sénatrice UMP Chantal Jouanno dans un rapport remis le 5 mars au ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot. Pour couper court à cette tendance à l’érotisation du corps des petites filles, Chantal Jouanno propose notamment l’interdiction des concours de mini-miss, une sensibilisation des enfants et de leurs parents et une charte par laquelle les acteurs industriels s’engagent à ne pas commercialiser des produits inadaptés comme des strings pour fillettes.

Si la tendance des « mini lolitas » n’est pas aussi marquée en France qu’outre-Atlantique, Chantal Jouanno compte sur une action préventive et entend faire prendre conscience des dangers de cette évolution. Selon la sénatrice, elle ancre chez les enfants dès le plus jeune âge des stéréotypes misogynes. Et pour ces petites filles elles-mêmes, fragilisées dans la construction de leur identité, susceptibles de développer par la suite des troubles du comportement alimentaire par exemple.

Le pédopsychiatre Marcel Rufo ne partage pas du tout cette vision inquiétante et juge le terme d’hypersexualisation très mal choisi car il renvoie à la sexualité là où il n’y a que du jeu pour ces enfants.

Pr Marcel Rufo, pédopsychiatre : « Quelle est la petite fille qui n’a pas mis la robe de sa mère pour se déguiser ? »

 

 

Certains spécialistes s’inquiètent pourtant de voir la période de l’enfance court-circuitée par des préoccupations d’adultes. Entre 6 et 12 ans, on parle de « période de latence » où la sexualité infantile est mise en sommeil pour que l’enfant se consacre aux apprentissages. Le psychiatre Didier Lauru parle donc d’abus sexuel psychique chez ces petites filles. D’autres relient cette sexualisation précoce au développement à l’adolescence de troubles du comportement alimentaire, comme l’anorexie ou la boulimie et s’inquiètent aussi de l’impact sur la future sexualité adulte de ces fillettes. Marcel Rufo conteste cette thèse.

Pr Marcel Rufo, pédopsychiatre : « Ça a ne créé pas de trouble, peut-être des enfants un peu extravertis »

 

 

Pour ce spécialiste, cette question n’est pas d’une urgence si brûlante qu’elle nécessite une action gouvernementale. Et encore moins au nom de la protection des mineurs, car selon lui, ce sont les adultes qui ont ici davantage besoin d’aide.

Pr Marcel Rufo, pédopsychiatre : « Je suis plus inquiet pour les adultes qui regardent que pour les enfants qui défilent »

 

 

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