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QUESTION D'ACTU

Rapport 2013 Institut national du cancer

Cancer : les limites du dépistage organisé en France

Le dernier rapport sur les cancers en France de l’Institut du Cancer souligne les limites du dépistage organisé : mauvaise participation, risques du dépistage et manque d’information.

Cancer : les limites du dépistage organisé en France SERGE POUZET/SIPA

  • Publié 10.02.2014 à 18h42
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Les dépistages organisés des cancers du sein ou du côlon rectum, gratuits et destinés aux populations à risque, devraient permettre de diminuer la mortalité par cancer. Encore faudrait-il pour cela que les taux de participation soient suffisants, souligne l’Institut National du Cancer (INCa) dans son rapport 2013 « Les cancers en France », paru ce 10 février.

 

Une faible participation

Le dépistage organisé du cancer du sein, généralisé depuis 2004, est destiné aux femmes de 50 à 69 ans minimum. En théorie, ce dépistage organisé devrait réduire la mortalité par cancer du sein de 15 à 21%. Mais la moitié des femmes seulement répondent aux invitations depuis plusieurs années. L’INCa estime qu’il faudrait atteindre les 70% pour qu’un réel bénéfice en soit tiré.

Le dépistage organisé du cancer colorectal s’effectue chez soi, via le test Hemoccult depuis 2008. L’INCa estime qu’avec un taux de participation de 50 à 60%, la mortalité chez les 50-74 ans pourrait être réduite de 15%. Mais là encore, les participants sont bien moins nombreux qu’espéré : lors de la campagne 2011-12, à peine 32% de la population cible ont récolté des échantillons de leurs selles.

 

Des risques à ne pas négliger

Les bénéfices des dépistages organisés ne sont plus à démontrer, mais des risques subsistent, particulièrement dans le cadre des mammographies, rappelle l’INCa. Les cancers radio induits, conséquence de l’irradiation lors des examens aux rayons ionisants, sont relativement rares (1 à 20 cas pour 100 000 femmes). Les surdiagnostics, en revanche, sont au cœur du problème. L’INCa le reconnaît dans son rapport : des lésions précancéreuses, qui n’auraient pas abouti à des symptômes de cancer, sont dépistées dans 1 à 19% des cas. Les femmes concernées ne tirent aucun bénéfice du diagnostic et du traitement. Cela reste marginal, mais les auteurs du rapport estiment qu’il est possible de gagner en précision. Il faudra donc mettre au point des méthodes d’identification de biomarqueurs d’évolutivité des tumeurs, afin d’éviter au maximum les traitements inutiles.

Le dépistage d’un cancer colorectal, par coloscopie, aboutit rarement à des événements graves. Mais les risques sont bien réels, et toujours plus élevés avec l’âge, note le rapport de l’INCa. Outre les risques inhérents à l’anesthésie, il existe un danger de perforation intestinale ou d’hémorragies sévères. Cela ne représente que 3 cas pour 1000. Mais passés les 79 ans, le risque est quadruplé.

 

De fortes inégalités

Le dépistage organisé ne touche pas toutes les couches de la population de la même manière. Alors qu’il veut promouvoir « un accès plus égalitaire » à l’offre de soin, on constate que les populations privilégiées lui préfèrent le dépistage individuel. Ainsi, les femmes issues des milieux favorisés associent le dépistage organisé à un soin de moindre qualité. Le manque d’information est clairement en cause selon le rapport de l’INCa : « L’enquête récente de Médecins du Monde renseigne sur les motifs de non-réalisation, par les femmes en situation de précarité, d’un frottis cervico-vaginal. Le manque d’information y prime. » Les disparités s’observent aussi dans l’espace : plus le niveau socioéconomique d’un territoire est faible, plus le taux de participation sera bas.

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