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Génétique

Cardiaque de père en fils

Plusieurs facteurs de risque de maladies cardiovasculaires seraient transmis par le chromosome Y qui caractérise l'homme. Mais le mode de vie et l’environnement pèsent aussi.

Cardiaque de père en fils DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 16.02.2012 à 14h00
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On comprenait jusqu’ici assez mal le caractère héréditaire des maladies cardiaques. Une équipe britannique a scruté le génome de 3000 hommes et identifié une région du chromosome Y très impliquée dans la maladie coronaire, c’est-à-dire l’obstruction progressive des artères du cœur jusqu’à la crise cardiaque. La probabilité de souffrir d’une maladie coronaire est augmentée de 50% pour les hommes qui ont hérité de leur père une variante à risque du chromosome Y. Et ce quelque soit leur alimentation, leur consommation de tabac ou la fréquence de leur activité physique.

Cette variante à risque du chromosome Y est présente uniquement chez les hommes d’origine européenne ; chez un homme sur quatre dans les pays nordiques et un sur huit pour les hommes du sud de l’Europe, dont les Français. Il n’est pour le moment pas possible de rechercher pour chaque homme si il possède ou non cette version à risque du chromosome Y. Mais la question traditionnelle des médecins sur les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires doit donc se centrer davantage sur cette hérédité paternelle.

 

Sophie Visvikis-Siest, laboratoire de Génétique cardiovasculaire, Nancy : “les antécédents du père sont beaucoup plus importants”


 

L’hérédité peut donc se révéler être un facteur de risque pour le coeur, notamment chez l’homme, d’après cette nouvelle étude. Mais les femmes ne sont pas épargnées pour autant car le chromosome Y ne fait pas tout. Les maladies cardiovasculaires sont multifactorielles. Une alimentation riche en graisses, un mode de vie trop sédentaire ou une forte consommation de tabac sont autant de facteurs qui viennent s’ajouter à la prédisposition génétique. Or s’il faut faire avec les gènes que l’on a, il est encore possible à tous les âges de la vie de jouer sur ses autres facteurs de risque pour éviter la maladie coronaire. D’autant que les facteurs liés à notre mode de vie sont très probablement ceux qui pèsent le plus lourd in fine.

Une équipe française vient de conforter cette idée en précisant l’importance d’un facteur environnemental : la pollution atmosphérique. Chez certaines personnes souffrant de maladie coronaire, le fait de respirer en grande quantité certains polluants peut servir d’élément déclencheur à l’infarctus. Entre 0,6 et 4,5% des infarctus sont ainsi déclenchés par un pic de pollution.

 

Yves Cottin, cardiologue, CHU de Dijon : “ les facteurs les plus importants restent cholestérol, diabète, obésité. “

 

Un conseil qui vaut cette fois-ci pour tous les cardiaques, chromosome Y ou pas !

 

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