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QUESTION D'ACTU

Parcourir plus de 60 km sans étape

La santé de fer des ultramarathoniens

L'ultramarathon est une discipline au succès croissant. Une étude dresse de la portrait de ces sportifs dotés d'une endurance exceptionnelle.

La santé de fer des ultramarathoniens FAYOLLE/SIPA

  • Publié 09.01.2014 à 18h48
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Courir 100 km ou pendant 48 h, parcourir plus de 60 km sans étape... Impossible ? Non, ils sont presque un demi-million à pratiquer l'ultramarathon, ou ultrafond, tous les ans. Ce sport, de plus en plus populaire, est pourtant mal connu. Une étude, menée par l'école de médecine de Stanford (Californie, Etats-Unis), parue ce 8 janvier dans PLOS ONE, fait la lumière sur la santé de ces accros du sport. Son premier volet, paru en juillet 2013, décrit ce sportif comme âgé de 36 ans en moyenne à la première course, qu'il effectue généralement après 7 ans d'entraînement.

 

En meilleure santé que la moyenne
L'ultramarathon désigne toute course qui dépasse le marathon traditionnel de 42,165 km. Les parcours sont variés et souvent ardus : chemins de terre, montagne ou encore boue, tout est fait pour épuiser le corps. En France, le parcours le plus populaire est l'Ultra-Trail du Mont-Blanc, avec un parcours de 168 km autour du massif du Mont-Blanc.
1 200 adeptes de la discipline ont participé à l'étude des Dr Eswar Krishnan et Martin Hoffman. Ils ont décrit leurs habitudes d'entraînement, leur santé générale et rapporté les blessures liées à l'exercice sur une durée de 12 mois. L'objectif : comprendre qui sont les ultramarathoniens, ce qui les motive, mais aussi les limites du corps humain. « Cela va nous aider à comprendre quelle dose d'exercice est optimale, à quel point l'activité récréationnelle est appropriée et bénéfique, et s'il existe une raison de ne pas pousser son corps au-delà d'un certain point », explique le Dr Krishnan.

 

Globalement, les adeptes de l'ultrafond sont en meilleure santé que la population générale. Sur un an d'exercice, ils ont en moyenne manqué deux jours de travail ou d'école à cause d'une maladie ou d'une blessure. Les Américains en manquent quatre. Lorsqu'ils se rendent chez le médecin, ces grands sprotifs consultent le plus souvent pour une blessure contractée lors de l'exercice et rarement à cause d'une détérioration chronique. Comme chez la plupart des coureurs, ces blessures impliquent les genoux et les membres inférieurs.

 

Moins de blessures que les coureurs
Parmi ces adeptes de la course extrême, plus de 3/4 rapportent qu'ils se sont blessés au moins une fois pendant la période de suivi. Ils sont tout de même 65% à avoir perdu un jour d'entraînement minimum à cause d'un accident. Ce sont les jeunes adeptes et les moins expérimentés qui en sont le plus victimes. Rien d'étonnant, selon le Dr Krishnan : « C'est un peu comme chez les conducteurs. Les jeunes conducteurs sont à plus grand risque d'accident que les plus âgés. De même, les personnes qui ont récemment commencé à courir sont bien plus à risque de se blesser que les ultra marathoniens vétérans. »

 

A la différence des coureurs classiques, les adeptes de l'ultrafond ont tendance à moins souffrir de fractures de fatigue, de petites fissures qui apparaissent sur les os trop souvent sollicités : ils sont 3,7% à en rapporter, contre 5 à 16 % des coureurs, selon les études. Si elles restent rares, on remarque qu'elles apparaissent souvent au même endroit : les pieds sont concernés dans presque la moitié des cas. La pratique du sport sur un terrain irrégulier pourrait expliquer cela. Autre preuve de la bonne préparation physique des ultramarathoniens : ils ne sont que 5% à être hospitalisés après une compétition. Dans la moitié des cas, il s'agit de déshydratation, de troubles électrolytiques ou encore d'épuisement par la chaleur, qui sont donc liés à l'environnement de la course. 20% des sportifs hospitalisés souffraient de fractures ou de déboîtements, principalement à cause de chutes.

 

Plus d'asthme que la moyenne
Les ultramarathoniens ont beau être dans une santé éclatante, ils n'échappent pas à l'asthme ou aux allergies. Ils en souffrent même plus que la population générale : 7 à 8 % des Américains sont atteints de ces troubles. Chez les coureurs de l'extrême, l'incidence de l'asthme atteint 11% et celle des allergies 25 %. Encore une fois, le Dr Krishnan n'y voit rien d'inattendu. Ces sportifs passent une grande partie de leur temps en extérieur, il est fort possible que leur corps réagisse à une forte exposition aux allergènes.

 

Le profil psychologique des adeptes de l'ultrafond est lui aussi digne d'intérêt, et fera l'objet de la prochain série de questionnaires. « Comprendre ce qui motive les ultramarathoniens peut être utile pour encourager les autres gens à effectuer un minimum d'exercice physique pour améliorer leur santé », estime le Dr Martin Hoffman. Les chercheurs espèrent également pouvoir déterminer quelles connaissances ou techniques aident à protéger les plus expérimentés de la blessure.

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