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Les suppléments en oméga-3 peuvent-ils réduire l’agressivité ?

Un chercheur a mis en évidence un lien entre la supplémentation en oméga-3 et une réduction des comportements agressifs sur le court terme.

Les suppléments en oméga-3 peuvent-ils réduire l’agressivité ? GOLFX / istock




L'ESSENTIEL
  • La supplémentation en acides gras oméga-3, qu’on trouve en abondance dans le poisson et l’huile de poisson, avait le potentiel de réduire les comportements agressifs à court terme, selon une étude.
  • Elle permettrait de diminuer "à la fois l’agressivité réactive, qui est un comportement en réponse à une provocation, et l'agression proactive, qui est anticipée".
  • Selon les chercheurs, les suppléments en oméga-3 peuvent être un bon complément aux médicaments ou à une psychothérapie pour tempérer l’agressivité chez les enfants.

Et si la supplémentation en acides gras oméga-3, qu’on trouve en abondance dans le poisson et l’huile de poisson, avait le potentiel de réduire les comportements agressifs ? C’est depuis plusieurs années l’hypothèse du chercheur en neurocriminologie Adrian Raine, de la Perelman School of Medicine de l’Université de Pennsylvanie (Etats-Unis).

Il s’appuie notamment sur les nombreuses études démontrant le rôle primordial que jouent les oméga-3 sur les fonctions cognitives, telles que la prise de décision, le raisonnement, la régulation des émotions... Ses travaux ont été publiés dans la revue Aggressive and Violent Behavior.

Supplémentation en oméga-3 : une agressivité réduite de 30 % à court terme

Après avoir trouvé, en laboratoire, des liens significatifs entre oméga-3 et réduction de l’agressivité, le chercheur a voulu en avoir le cœur net en réalisant une méta-analyse de 29 essais contrôlés randomisés, menés entre 1996 et 2024 dans 19 laboratoires indépendants sur près de 4.000 participants. Avec sa consœur Lia Brodrick, il dit avoir découvert "d’autres preuves de l’efficacité des suppléments en oméga-3" sur la baisse de l’agressivité, du moins "à court terme", peut-on lire dans un communiqué.

Dans le détail, Adrian Raine estime ainsi que les suppléments en oméga-3 peuvent "se traduire par une réduction de 30 % de l’agressivité sur le court terme", en fonction de l’âge des volontaires, du sexe, des antécédents médicaux, de la durée et de la posologie du traitement à base d’oméga-3. Une telle supplémentation aurait permis de diminuer "à la fois l’agressivité réactive, qui est un comportement en réponse à une provocation, et l'agression proactive, qui est anticipée", précise l’étude, qui a suivi chaque participant sur une période moyenne de quatre mois. "La prochaine étape consistera à évaluer si les oméga-3 peuvent réduire l'agressivité à long terme."

Les bienfaits des oméga-3 sur le cerveau, le cœur, la fertilité...

"La supplémentation en oméga-3 n’est pas une baguette magique qui va résoudre complètement le problème de la violence dans la société, selon Adrian Raine. Mais cela peut-il aider ? Sur la base de ces résultats, nous le croyons fermement [...] Le moment est venu de mettre en œuvre une supplémentation en oméga-3 pour réduire le risque d’agression, que le cadre soit la communauté, la clinique ou le système de justice pénale."

"Les parents qui cherchent un moyen de tempérer l’agressivité de leur enfant devraient savoir qu'en plus de tout autre traitement médicamenteux ou psychologique qu’il reçoit, une ou deux portions supplémentaires de poisson chaque semaine peuvent aussi aider", abonde le spécialiste. Sans compter que les oméga-3, "peu coûteux et faciles d’utilisation", ont d’autres atouts santé sur le long terme, notamment en prévenant l’inflammation de l’organisme, les maladies cardiovasculaires et l’hypertension, ou encore en favorisant la fertilité et le bon développement du fœtus.

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