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QUESTION D'ACTU

Phobie, anxiété, stress post-traumatique

Les traumatismes se transmettraient de génération en génération

Les mauvais souvenirs laisseraient des séquelles tardives. Une expérience montre que des souris dressées à craindre une odeur transmettraient cette peur aux générations suivantes, via leur ADN.  

Les traumatismes se transmettraient de génération en génération PURESTOCK/SIPA

  • Publié 02.12.2013 à 14h59
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Et si les souvenirs traumatisants pouvaient se transmettre de génération en génération... Une équipe de chercheurs américains vient en effet de démontrer chez l’animal, qu’il est possible de transmettre à ses descendants une sorte de mémoire génétique traumatique. Comme si les enfants ou même les petits enfants étaient capables de ressentir la même peur que leurs ancêtres ayant vécu un événement traumatisant.

 

Des traumatismes modifiant l’expression des gènes

« Savoir comment certaines expériences ancestrales influencent les descendants pourrait nous permettre de mieux comprendre le développement de certains troubles neuropsychiatriques qui ont une base transgénérationnelle, » a déclaré Brian Dias de l'École de médecine de l'Université Emory aux Etats-Unis et co-auteur de cette étude. Publiés dans la revue Nature Neuroscience, ces travaux menés chez la souris ont cherché à mettre en évidence l’existence d’une mémoire génétique des traumatismes. Pour mener à bien leur analyse, ces scientifiques ont formé des souris à craindre l’odeur de la fleur de cerisier. Ils ont ensuite été observer ce qui se passait dans le sperme de ces rongeurs traumatisés. Cette équipe a alors mis en évidence que la zone de l’ADN responsable de la sensibilité à l’odeur n’était pas modifiée, mais était en revanche plus active chez ces souris.

 

Des descendants sensibles aux mêmes peurs que leurs ancêtres

Mais ce qui a particulièrement retenu l’attention de ces chercheurs c’est que les progénitures de ces souris traumatisées ont présenté les mêmes symptômes face au stimulus olfactif craint par leurs ancêtres. « La progéniture des souris dressées étaient capables de détecter et de répondre à une quantité de l'odeur encore moindre ... ce qui suggère qu'elles sont encore plus sensibles, » a expliqué l’un des auteurs. Par rapport à des souris issues de parents non traumatisés, celles-ci ont eu une réaction à l’odeur de fleur de cerisiers 200 fois plus forte. Les chercheurs expliquent que le stress engendré chez la 1ère génération de souris aurait entraîné une modification de la structure de leur cerveau et de celle de leurs descendants. D’ailleurs, ils notent que les fils et même les petits-fils de ces souris avaient tous un glomérule plus grand, une zone cérébrale régissant le sens olfactif. Par ailleurs des modifications cérébrales similaires ont été observées, y compris chez les progénitures de ces souris traumatisées conçues par insémination artificielle. Les expériences d'un parent, même avant la conception, influencent fortement à la fois la structure et le fonctionnement du système nerveux des générations futures conclut cette étude.

 

Une meilleure compréhension de certaines phobies ou anxiétés

Même si ces résultats doivent encore être confirmés notamment chez l’homme, les auteurs de cette analyse sont d’ores et déjà très enthousiastes. « Nos résultats fournissent la preuve de l’existence d’un héritage épigénétique transgénérationnel, » résument-ils. L’environnement pourrait donc affecter la génétique d'un individu, qui pourrait à son tour la transmettre à sa descendance. D’après plusieurs spécialistes, ces résultats pourront contribuer à mieux comprendre notamment les phobies, l'anxiété ou les troubles de stress post-traumatique. 

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