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QUESTION D'ACTU

La Santé en Questions

La fin de vie dans l'histoire : de l'acceptation du cycle naturel à l'aide active à mourir

Le projet de loi sur la fin de vie doit être présenté à Emmanuel Macron "à la fin de l'été". Il comprendra trois volets : les soins palliatifs, le droit des personnes et l'aide active à mourir. Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l'Organisation territoriale et des Professions de santé qui participera à l’émission « La Santé en Questions », mardi 5 septembre sur Fréquence Médicale a affirmé le 1er août que "rien n’est encore acté" et que "toutes les pistes sont ouvertes". A la veille de ce rendez-vous, quelques clés sur la place de la fin de vie dans l’histoire pour éclairer le débat.

La fin de vie dans l'histoire : de l'acceptation du cycle naturel à l'aide active à mourir iStock/gyro




L'ESSENTIEL
  • Après les conclusions de la convention citoyenne réunie sur le sujet, un projet de loi sur la fin de vie doit être présenté avant la fin de l'été à Emmanuel Macron.
  • Des débats éthiques, culturels et médicaux ont marqué depuis des siècles la réflexion sur la fin de vie.
  • De l'acceptation du cycle naturel de la vie et de la mort à l'aide active à mourir, des changements de perspective majeurs montrent l'évolution du regard de la société.

L'histoire de la fin de vie reflète les transformations à la fois éthiques, culturelles et médicales qui ont marqué l'humanité. Alors que la société poursuit sa quête d'équilibre entre autonomie individuelle et considérations collectives, la question de la fin de vie demeure un défi complexe. Depuis les temps immémoriaux, l'humanité est confrontée à cette question. L'histoire de la fin de vie témoigne d'une progression du regard de la société marquée par des changements de perspective majeurs.

A Moyen-Age, mysticisme et acceptation

Dans les civilisations antiques et jusqu'au Moyen-âge, la mort était souvent perçue comme une transition naturelle vers l'au-delà. Les traditions religieuses ou simplement spirituelles jouaient un rôle prépondérant dans la manière dont les individus abordaient la mort. Evidemment, les soins palliatifs étaient une notion encore peu précisée qui ne visaient, bien sûr, que le soulagement de la douleur, avec les moyens très limités de ces époques. Et la prolongation artificielle de la vie était tout simplement impensable. En fait, la fin de vie était marquée par une acceptation du cycle de la vie et de la mort.

Avènement de la médecin moderne au XIXème siècle : entre conflits éthiques et avancées médicales

Avec l'avénement de la médecine moderne à partir du XIXème siècle, les premières possibilités de prolonger la vie commencent à voir le jour. Mais ces traitements encore balbutiants soulèvent déjà des questions éthiques : l'apparition de la réanimation ouvre le débat sur la prolongation artificielle de la vie pour les patients dans un état végétatif ou en phase terminale d'une maladie.

Au XXème siècle, un tournant majeur : vers une redéfinition de la fin de vie

Au XXème siècle, le débat s'anime sur la question de la mort "digne" et la capacité des individus à décider eux-mêmes du moment et de la manière de leur mort. Les philosophes s'en mêlent et mettent en lumière la nécessité de respecter, au moment de la fin de la vie, la volonté de chaque patient. Parallèlement la question des soins palliatifs est de plus en plus prégnante : le principe d'un soulagement de la douleur et le maintien de la qualité de la vie plutôt que sa prolongation artificielle à tout prix s'impose au plus grand nombre.

L'affaire Vincent Lambert : difficile d'esquiver le débat sur l'euthanasie

L'affaire Vincent Lambert plongé dans un état végétatif après un accident de voiture survenu en 2008 est devenu le symbole pour le "droit à mourir dans la dignité". Cette affaire a suscité des discussions acharnées et porté devant la justice le débat sur la fin de vie et l'euthanasie. Alors qu'en France la loi Claeys-Léonetti du 2 février 2016 permet de mieux répondre à la demande à mourir dans la dignité par une meilleure prise en charge de la souffrance, et en clarifiant l’usage de la sédation profonde et continue jusqu’au décès, en phase terminale, et permet également de conforter la place de l’expression de la volonté du patient dans le processus décisionnel et en particulier de ses « volontés précédemment exprimées » la famille de Vincent Lambert s'est déchirée devant les tribunaux sur la question de la poursuite ou de l'arrêt des traitements.

Cette affaire illustre les tensions qui peuvent exister entre le respect des volontés du patient, les considérations morales ou religieuses, mais aussi du fait de considérations familiales. 

Une convention citoyenne favorable à l'euthanasie encadrée 

Les citoyens tirés au sort pour réfléchir à ces questions se sont prononcés dans le cadre d'une convention citoyenne censée éclairer la rédaction d'un projet de loi sur la fin de vie pour le suicide assisté ou l'euthanasie. Si ce projet de loi met beaucoup l'accent sur le développement des soins palliatifs qui fait à priori consensus -à condition de doter le système de santé des moyens adéquats-, d'autres dispositions vont susciter des débats passionnés : l'aide active à mourir qui pourrait amener le médecin à mettre fin aux jours d'un patient qui en ferait la demande et la sédation profonde et continue, là encore à la demande du malade, qui implique elle aussi le médecin dans le processus de décès.

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