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QUESTION D'ACTU

Fin de vie

La mort de Vincent Lambert, neuf jours après le début de l'arrêt des traitements

Vincent Lambert a cessé de vivre à 8 heures le jeudi 11 juillet, à l'âge de 42 ans. La mort de cet infirmier psychiatrique tétraplégique et en état végétatif à la suite d'un accident met fin à une bataille familiale et un long feuilleton juridique. Retour sur les multiples rebondissements de cette affaire.

La mort de Vincent Lambert, neuf jours après le début de l'arrêt des traitements Sudok1/iStock

  • Publié 11.07.2019 à 18h00
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Vincent Lambert est mort. Neuf jours après le début de l'arrêt des traitements durant lesquels il a cessé d'être alimenté et hydraté en étant parallèlement plongé dans une sédation "profonde et continue", cet infirmier psychiatrique, tétraplégique et en état végétatif à la suite d'un accident dont il avait été victime en septembre 2008, s'est éteint à 42 ans, le 11 juillet peu après 8 heures, à l'hôpital de Reims.

Retour sur ce drame qui aura duré 11 ans, sur fond de bataille familiale, de décisions médicales et de rebondissements judiciaires avec en arrière-plan la question de la légalisation de l'euthanasie.

Septembre 2008 : Vincent Lambert, un infirmier psychiatrique de 32 ans, est victime d'un grave accident de la route dans la Marne. Tétraplégique, hospitalisé dans un état végétatif, il n'avait jamais signifié son opposition à un acharnement thérapeutique.

Juin 2011 : Les spécialistes du Coma Science Group en Belgique, où Vincent Lambert a été transféré, le décrivent dans "un état de conscience minimal", excluant tout espoir d'amélioration.

Novembre 2011 : Retour de Vincent Lambert dans l'unité de soins palliatifs du CHU de Reims.

Un premier arrêt des traitements engagé en 2013

Avril 2013 : L'équipe médicale, avec l'accord de Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert, cesse d'alimenter le patient et réduit son hydratation. Vincent Lambert, près de 5 ans après son accident, est alors toujours plongé dans un coma profond. C'est en s'appuyant sur la loi Leonetti sur la fin de vie que ce protocole d'arrêt des traitements est engagé par l'équipe médicale en concertation avec Rachel Lambert. Les parents de Vincent Lambert, non informés de l'arrêt des soins, dénoncent alors un "assassinat de handicapé" et obtiennent le 11 mai que le tribunal administratif ordonne de rétablir l'alimentation et l'hydratation de leur fils.

Janvier 2014 : Nouvelle décision d'arrêt des soins de la part de l'équipe médicale dans le cadre de la loi Leonetti. Les parents saisissent à nouveau le tribunal administratif qui leur donne raison.  A la suite de cette action, le Conseil d'Etat, saisi en appel par l'hôpital et Rachel Lambert, ordonne une nouvelle expertise.

Des lésions cérébrales irréversibles selon les experts

Mai 2014 : Les experts rendent leurs conclusions. Ils autorisent l'arrêt des traitements en constatant une dégradation de l'état de Vincent Lambert et l'irréversibilité de ses lésions cérébrales. Les parents saisissent alors la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) qui suspend l'arrêt des traitements en attendant de statuer.

Juin-juillet 2015 : La CEDH estime que l'arrêt des soins ne s'inscrit pas "contre le droit à la vie". Les parents de Vincent Lambert demandent la révision de l'arrêt de la CEDH qui rejette cette demande. Alors que le CHU de Reims annonce qu'il engagera une nouvelle procédure d'arrêt des soins suite à la décision de la CEDH, les parents portent plainte contre l'établissement et les médecins. Le CHU de Reims réplique en saisissant le parquet afin que soit désigné un représentant légal pour Vincent Lambert.

Septembre 2015 : François Lambert, le neveu du patient, demande à son tour l'arrêt des soins, demande rejetée par le tribunal administratif.

Juin 2016 : La cour administrative de Nancy demande aux médecins de reprendre la procédure de consultation d'experts pouvant mener à l'arrêt des soins de Vincent Lambert, décision à laquelle les parents s'opposent quelques semaines plus tard.

Décembre 2016 : La Cour de cassation confirme l'attribution de la tutelle de Vincent Lambert à son épouse Rachel qui l'avait obtenue en mars 2016 du juge des tutelles, décision qui avait été contestée par les parents.

Plainte des parents contre le CHU de Reims

Janvier 2017 : Les parents de Vincent Lambert réclament son transfert dans une unité de soins spécialisés, demande rejetée par la Cour d'appel de Reims puis par la Cour de cassation. A la suite de ces décisions, les parents portent plainte contre le CHU pour "délaissement de personne hors d'état de se protéger".

Septembre 2017 : Après l'annonce par le CHU de Reims d'une nouvelle procédure d'examen pouvant conduire à l'arrêt des soins, action des parents de Vincent Lambert auprès du Conseil d'Etat pour faire annuler cette décision.

Janvier 2018 : Le Conseil d'Etat rejette le pourvoi des parents.

Avril 2018 : Le médecin de Vincent Lambert se prononce pour l'arrêt des traitements après une quatrième procédure collégiale. Le 20 avril, le tribunal administratif de la Marne ordonne une nouvelle expertise médicale pour déterminer l'état de santé du patient.

"Obstination déraisonnable"

Novembre 2018 : Le rapport des experts conclue à un "état végétatif chronique irréversible".

Mai 2019 : Après avoir évoqué une "obstination déraisonnable", le Dr Sanchez décide le 20 mai de cesser l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert. Le même jour, saisie par les parents suite à l'avis rendu par une commission de l'ONU, la Cour d'appel de Paris ordonne la reprise des traitements.

Juin 2019 : La Cour de cassation casse, pour des raisons de forme, la décision de la Cour d'appel de Paris, ouvrant la voie à une nouvelle procédure d'arrêt des soins.

Juillet 2019 : La procédure d'arrêt des soins est relancée le 2 juillet. Vincent Lambert meurt le 11 juillet.

 

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