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QUESTION D'ACTU

Etude en Irlande

Deux fois plus de césariennes dans les cliniques qu'à l'hôpital

Les patientes enceintes ont deux fois plus souvent recours à l’accouchement par césarienne programmée dans secteur privé que dans le public.

Deux fois plus de césariennes dans les cliniques qu'à l'hôpital SAURA PASCAL/SIPA

  • Publié 26.11.2013 à 17h53
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Cliniques privées et hôpitaux publics connaissent des différences dans de nombreux domaines médicaux. C’est aussi le cas dans les maternités, selon une étude publiée ce 25 novembre dans le British Medical Journal. Les accouchements par césarienne sont deux fois plus nombreux dans le secteur privé. 
Le revenu et l'âge responsables

En Irlande, où l’étude a été menée, une structure hospitalière publique peut accueillir des intervenants privés. 30 000 femmes qui ont programmé une césarienne ont été suivies dans une grande maternité urbaine irlandaise où se mêlent privé et public. Une césarienne programmée, selon la définition de la Haute Autorité de Santé (HAS), est un accouchement par césarienne est programmé à terme (37 semaines de grossesse ou plus) sans lien avec une situation d’urgence en dehors ou au cours du travail. En France, une femme sur cinq accouche par césarienne, la moitié est porgrammée.

 

Les femmes enceintes dans le secteur privé étaient deux fois plus nombreuses à demander une césarienne programmée. Ce sont aussi celles qui ont connu le plus de complications périnatales (fausses-couches, mortinatalité, forceps…). Une fois les facteurs médicaux éliminés, les différences se maintiennent entre le public et le privé. Elles « ne s’expliquent pas par des taux de complications obstétriques ou médicales plus élevées chez les patientes du privé, » analyse le rapport. En revanche, le revenu et l’âge plus élevé des femmes concernées pourrait être un facteur clé. Ils notent également que l’argument le plus souvent avancé est la crainte des futures mères que le plancher pelvien ne soit endommagé par un accouchement par voie basse.

 

Les risques de la césarienne

Cet argument de confort a d’ailleurs inquiété la HAS, qui a publié en 2012 des recommandations de bonnes pratiques médicales ainsi qu’un guide à destination des femmes enceintes. Car, une telle opération est loin d’être anodine. Comme l’indique la HAS, le risque de complications est plus élevé pour la mère que lors d’un accouchement par voie basse : les infections urinaires sont relativement courantes et bénignes, mais les femmes peuvent aussi être atteintes de phlébites après l’accouchement et de façon exceptionnelle, les organes voisins de la zone opératoire peuvent souffrir de lésions. Il existe également un risque pour les grossesses suivantes. Dans 7 cas sur 10, il est possible d’accoucher par voie basse après une première césarienne. Mais un mauvais positionnement du placenta lié à l’opération peut entraîner des césariennes obligatoires par la suite.

 

Sans considérer les complications, la césarienne reste une opération lourde. Toute la partie basse du corps est anesthésiée lors de l’opération. Pendant plusieurs heures, une sonde urinaire et une perfusion sont posées. Les douleurs liées à l’ouverture peuvent durer une journée, voire plus pour la cicatrice. Le séjour dans la maternité est également plus long. La HAS recommande aux femmes d’informer rapidement l’équipe médicale si elles souhaitent programmer une césarienne. Mais un médecin est libre de le refuser : la décision est conjointe. Dans ce cas, il est possible de se tourner vers un autre praticien.

 

Selon les derniers chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en 2007, le taux de césarienne variait de 9 à 43% selon les hôpitaux. Un grand nombre de ces opérations aurait pu être évité, regrette la HAS.

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