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QUESTION D'ACTU

Journée mondiale de la prématurité

Le peau à peau pourrait sauver 450 000 prématurés par an

Il nait chaque année 15,1 millions d’enfants prématurés dans le monde. Pour réduire les risques pour leur vie et leur santé future, le peau à peau avec les parents est crucial.

Le peau à peau pourrait sauver 450 000 prématurés par an Gary Roberts / Rex Feat/REX/SIPA

  • Publié 16.11.2013 à 08h31
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« Aujourd’hui Tess a 8 mois et demi et elle va très bien. Mais on a beau essayer d’oublier l’angoisse de ses 2 premiers mois à l’hôpital, je pense qu’on n’oubliera jamais », raconte Mélanie, jeune maman d’une petite prématurée née à l’hôpital de Saint-Brieuc. Comme beaucoup de parents passés par les services de réanimation néonatale, elle raconte son bébé en couveuse qu’elle ne peut toucher que du bout des doigts, les branchements, les machines et leurs bips stressants…


Seule parenthèse, les moments où le bébé est posé peau contre peau sur le torse de l’un de ses parents. « Elle est née le jeudi et on a eu notre premier peau à peau le dimanche, se souvient précisément la jeune mère. Pendant les trois premières semaines, ce sont nos seuls moments de contact possible, c’est fort, même si j’avais du mal à occulter tous ces branchements qui la reliait aux machines autour de nous. » En France, de plus en plus de maternités encouragent le peau à peau pour les nouveaux-nés, y compris prématurés. Un contact vivement souhaité par les parents puisque selon un sondage réalisé cet été par l'Institut des Mamans pour le laboratoire pharmaceutique Abbvie, 56% des parents de prématurés regrettent la barrière de la couveuse et l'absence de peau à peau.


3/4 des prématurés pourraient être sauvés sans soins intensifs

Cette « méthode kangourou » a été mise au point au début des années 80 à Bogota en Colombie pour des nouveaux-nés de tout petit poids. En l’absence de couveuse, ce peau à peau avec leur mère leur permet de réguler leur température corporelle. Une méthode rudimentaire mais de plus en plus répandue et plébiscitée par les instances internationales pour éviter les décès de prématurés. Selon des estimations à paraître dimanche dans la revue spécialisée Pediatric Research, qui publie 6 articles à l’occasion de la journée mondiale de la prématurité, il naît chaque année 15,1 millions de bébés prématurés dans le monde et 1 million meurt des conséquences directes de cette prématurité. Si 80% des bébés nés avant 37 semaines dans nos pays riches s’en sortent, ceux qui naissent dans les pays à faibles ressources ont un risque de décès multiplié par 10 et souffrent de lourdes séquelles s'ils parviennent à survivre.


Pourtant, y compris dans les pays les plus défavorisés, « des interventions simples pourraient sauver plus des ¾ des bébés prématurés sans soins intensifs high-tech et coûteux », souligne Carole Presern, sage-femme et directrice générale du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (PMNCH), créé par les Nations Unies. Pour la plupart, ce ne sont pas de grands prématurés au système respiratoire complètement immature. Ils ont donc besoin d’une aide pour s’alimenter, d’un contrôle de leur température corporelle et d’être protégé le plus possible des infections.

Réaliser pendant l’accouchement des injections d’un corticostéroïde utilisé dans le traitement de l’asthme pour accélérer la fin du développement des poumons du bébé pourrait sauver 400 000 prématurés par an pour un coût de 1 dollar par femme, selon les estimations du PMNCH. Garder ces petits bébés au chaud contre la peau de leur mère pour faciliter leur reprise de poids et limiter les infections pourrait éviter 450 000 décès supplémentaires chaque année. « La plupart de ces enfants pourraient grandir en bonne santé et sans séquelle à vie, il faut que le message passe », insiste Carole Presern.    


Risque de prématurité accru pour les petits garçons

Selon une autre étude à paraître dimanche dans la revue Pediatric Research et menée par une équipe britannique, les garçons ont un risque de prématurité augmenté de 14% par rapport aux filles. De plus, « pour deux bébés nés avec le même degré de prématurité, un garçon va avoir un risque accru de décès et de complications néonatales comme des infections ou la jaunisse », explique l’un des auteurs, l’épidémiologiste et néonatologiste Joy Lawn. « Le fait que les prématurés garçons soient plus vulnérables aux infections et aux complications est observé depuis longtemps, sans qu’il y ait vraiment une explication. En revanche, dans les statistiques françaises de l’étude EPIPAGE sur les naissances prématurées, on n’observe pas un tel fossé entre filles et garçons », précise le Pr Yannick Aujard, pédiatre dans le service de néonatologie de l’hôpital pédiatrique Robert Debré à Paris.

Pour expliquer ce risque de prématurité plus important pour les garçons, Joy Lawn souligne que les femmes qui attendent des garçons ont davantage de problèmes de placenta, de pré-éclampsie et d’hypertension, trois causes de naissances prématurées. Quant à la plus grande vulnérabilité de ces petits garçons prématurés, les auteurs britanniques l’expliquent par le développement légèrement plus rapide des fœtus féminins au cours de la grossesse. En cas de naissance prématurée, ces demoiselles sont donc avantagées car leurs organes et notamment leurs poumons sont plus développés. Le sexe fort n’est décidemment pas celui que l’on croit.

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