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QUESTION D'ACTU

Entretien avec le Pr Loïc Capron

Urgences Hôtel-Dieu : la sécurité des soins n'était plus assurée

Le service d'urgences de l'Hôtel-Dieu a fermé ses portes lundi. Le Pr Loïc Capron, représentant les médecins de l'AP-HP, explique les raisons de cette fermeture.

Urgences Hôtel-Dieu : la sécurité des soins n'était plus assurée ALEXANDRE GELEBART/20 MIN/SIPA

  • Publié 07.11.2013 à 10h00
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« Les pompiers promis par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, ne sont pas de retour, les urgences agonisent, les patients s'accumulent ailleurs », c'est en substance le dernier tweet du Dr Gérald Kierzek, ex-responsable du Smur de l'Hôtel-Dieu, démis de ses fonctions en juillet 2013 par la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). A la tête du comité opposé à la fermeture des urgences du plus vieil hôpital de Paris, cet urgentiste promettait un vent de panique sur la capitale si ce service venait à fermer. Mais dans la bataille emblématique de l'Hôtel-Dieu, c'est bien souvent parole contre parole. 72h après la fermeture du service d'accueil des urgences (SAU) de cet établissement, l'AP-HP répond aux attaques de l'urgentiste à l'encontre de l'institution.
Dans un entretien  exclusif accordé à Pourquoidocteur, le Pr Loïc Capron, président de la Commission médicale d’établissement, qui représente les 11 000 médecins de l’AP-HP, explique les raisons de cette fermeture.

Les conditions de sécurité n'étaient plus assurées
Pr Loïc Capron :
La CME a pris position depuis novembre 2012 pour la fermeture du service d'accueil des urgences (SAU) de l'Hôtel-Dieu de Paris, estimant que la qualité et la sécurité des soins ne pouvaient plus y être garanties aux Parisiens. Pourquoi ? Car l'aval des urgences dans cet hôpital est squelettique. Il n'y a plus de réanimation, plus de chirurgie, plus de plateaux techniques lourds. L'environnement n'est plus requis pour le fonctionnement d'un grand hôpital que les Parisiens sont en droit d'exiger.


« 
Paris désert médical ? Une injure aux autres régions de France » 
Pr Loïc Capron : Je sillonne Paris à vélo régulièrement. Se rendre de l'Hôtel-Dieu vers les autres grands hôpitaux parisiens (Cochin, Lariboisière, Saint-Antoine, ou la Pitié Salpetrière), cela prend moins de dix minutes en vélo. Dire qu'il y a un désert médical au centre de Paris, c'est une injure aux autres régions de France. Dans la capitale, nous ne sommes pas du tout dans une situation de désert médical. Il y a trop d'hôpitaux et de lits à Paris. Et si l'on enlève à l'Hôtel-Dieu la capacité de recevoir des malades pour la nuit, c'est parce qu'on a trop de lits à l'intérieur de Paris. Là où on en manque, c'est à l'extérieur.


« Le vente de panique dans les urgences parisiennes n'aura pas lieu »
Pr Loïc Capron :
Le Dr Gérald Kierzek affirmait qu'avec cette fermeture, nous allions saturer les autres services d'urgences parisiens. Je l'invite à étayer ses accusations par des preuves. A ce jour, ça fait quand même 48h que les pompiers n'amènent plus de malades à l'Hôtel-Dieu. Est-ce-que vous avez vu des morts sur les trottoirs ? Enfin, il faut vraiment arrêter de faire du terrorisme. Il ne s'est rien passé, rien ! Je ne dis pas que cela va continuer car il y aura des incidents, il y a toujours des incidents aux urgences. Mais là, la prédiction du Dr Gérarld Kierzek qui prévoyait un vent de panique dans la capitale suite à la fermeture du SAU de l'Hôtel-Dieu n'a pas eu lieu.


« Le projet pourrait désengorger les autres services d'urgences »
Pr Loïc Capron : 
Il y a un abus des urgences par la population, ça c'est clair. Sur 100 personnes qui s'y rendent, il y en a au maximum 20 qui resteront à l'hôpital. A l'Hôtel-Dieu, il y en avait 10 qui restaient à l'hôpital quand 100 se présentaient. Donc cet établissement avait déjà des urgences plus légères que les autres hôpitaux de l'AP-HP. Nous espérons que cette offre nouvelle plus légère d'accueil des urgences ressenties par les Parisiens pourra diminuer la pression sur les autres urgences. Elle pourrait, en effet, contribuer à moyen terme à améliorer la situation d'encombrement, d'engorgement des urgences parisiennes. Je tiens à le rappeler, les personnes qui viennent à pied aux urgences pourront continuer à se rendre à l'Hôtel-Dieu. Elles seront reçues dans des conditions d'excellente sécurité et orientées. Mais on le sait bien, la plupart seront invitées à renter chez eux.




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