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Décibels

Perte d’audition : les écouteurs seraient un risque pour 1 milliard de jeunes

Trop de décibels peuvent rendre sourd ! L'utilisation des écouteurs et la fréquentation des boîtes de nuit font courir un risque de perte d'audition pour de nombreux adolescents et jeunes, selon une nouvelle étude.

Perte d’audition : les écouteurs seraient un risque pour 1 milliard de jeunes AaronAmat / istock




L'ESSENTIEL
  • L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 430 millions de personnes souffrent actuellement d'une perte auditive invalidante. Dont dix millions en France, et le nombre de cas ne cesse ensuite de progresser avec l’âge, la surdité touchant 6 % des 15–24 ans, 9 % des 25–34 ans, 18 % des 35–44 ans et plus de 65 % des plus de 65 ans, selon l’Inserm.
  • L’exposition au bruit est une des principales causes de troubles de l’audition, d'après l’Inserm. Des niveaux sonores élevés détruisent de façon irréversible les cellules ciliées (qui font partie du système auditif) et altèrent les fibres nerveuses auditives.

Entre 670 millions et 1,35 milliard. C’est le nombre d’adolescents et de jeunes adultes qui, à force d’utiliser leurs écouteurs audios ou de sortir dans des lieux de fête bruyants, s’exposeraient sans le savoir à des risques de perte de l’audition, selon une nouvelle méta-analyse publiée dans la revue BMJ Global Health.

Un volume sonore supérieur aux niveaux autorisés

Pour parvenir à de tels résultats, les chercheurs ont compilé 33 études de différents pays impliquant plus de 19.000 participants de 12 à 34 ans, afin de déterminer à quel point les jeunes étaient touchés par des troubles de l’ouïe et dans quelle mesure leurs habitudes en matière d’écoute musicale étaient responsables du problème.

Leur constat est clair : le son est trop fort ! D’après les scientifiques, les adolescents et les jeunes adultes qui utilisent des écouteurs ou un casque audio choisissent souvent un volume autour de 105 décibels (dB) et les niveaux sonores moyens dans les lieux de divertissement (discothèques, salles de concert...) varient de 104 à 112 dB, dépassant donc les niveaux préconisés par les autorités (80 dB pour les adultes, 75 pour les enfants).

Or, l'analyse des données indique que la prévalence des pratiques d'écoute dangereuses liées à l'utilisation des écouteurs et à la fréquentation de lieux bruyants est courante dans le monde entier : respectivement 24 et 48 % chez les adolescents et les jeunes. Sur la base de ces chiffres, les chercheurs estiment que le nombre de personnes de 12 à 34 ans dans le monde qui pourraient potentiellement être à risque de problèmes auditifs varie de 0,67 à 1,35 milliard.

Santé auditive : "Promouvoir des pratiques d’écoute sûres"

En tirant la sonnette d’alarme, les chercheurs espèrent interpeler les autorités et faire émerger de nouvelles politiques publiques visant à protéger la santé auditive. "Il est urgent que les gouvernements, l'industrie et la société civile accordent la priorité à la prévention mondiale de la perte de l’audition en promouvant des pratiques d'écoute sûres", peut-on lire dans un communiqué.

La législation française du travail, rappelle l’Inserm, fixe déjà des seuils de tolérance sur lesquels on pourrait se fonder : au-delà de 85 dB, une exposition de plus de huit heures nécessite une protection ; au-delà de 90 dB (comme le bruit d’une perceuse), il faut limiter l’exposition à deux heures ; au-delà de 100 dB (marteau piqueur), il ne faut pas dépasser quinze minutes d’exposition ; et passé 115 dB (explosion, avion au décollage...), même des bruits très brefs provoquent immédiatement des dommages irréversibles.

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