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QUESTION D'ACTU

Première mondiale

Une transplantation cardiaque partielle sauve la vie d'un nouveau-né

C’est une première mondiale. Un bébé touché par une sévère malformation du cœur a reçu une transplantation cardiaque partielle issue d’un donneur vivant. Cette prouesse ouvre de nouvelles perspectives aux enfants atteints de cardiopathies congénitales.

Une transplantation cardiaque partielle sauve la vie d'un nouveau-né Elif Bayraktar/iStock


  • Publié le 23.09.2022 à 20h00
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L'ESSENTIEL
  • La toute première transplantation cardiaque partielle issue d’un donneur vivant a été réalisée sur un bébé de 4 mois en Caroline du Nord, aux États-Unis.
  • Le nourrisson, atteint d'une anomalie très rare au cœur qui pouvait conduire à sa mort, a été sauvée et est en parfaite santé.

C’est un petit miracle. Aux États-Unis en Caroline du Nord, Owen Monroe, un nourrisson souffrant d’un tronc artériel, une grave malformation du cœur, a reçu la toute première transplantation cardiaque partielle issue d’un donneur vivant. Cette prouesse lui a sauvé la vie et va lui éviter d'autres opérations. Aujourd’hui âgé de 4 mois, il est en parfaite santé.

Le bébé allait mourir si l'intervention n'avait pas eu lieu

Pourtant, à sa naissance le petit Owen avait peu d’espoir de survie. La raison : une anomalie extrêmement rare. Ses deux artères principales avaient fusionnées car son tronc primitif, quand il était fœtus, ne s’était pas divisé en artère pulmonaire et en aorte comme cela doit se faire normalement. Sans intervention chirurgicale, le cœur aurait été rapidement surmené, conduisant à un arrêt cardiaque.

D’habitude dans cette situation, des tissus morts sont utilisés pour compenser l’anomalie. Mais ils doivent être remplacés à de nombreuses reprises avant l’âge adulte car les valves ne grandissent pas avec l’enfant. Cette cardiopathie congénitale nécessite également un suivi à vie et donc plusieurs opérations.

L’autre possibilité, c’était une greffe complète du cœur. Mais le délai d’attente est souvent bien trop long : il peut durer jusqu’à six mois. Pour les parents d'Owen, une telle attente, c’était se résoudre à la mort de leur fils. Les médecins des hôpitaux de l'Université Duke leur ont donc proposé une opération un peu spéciale : séparer et remplacer les valvules cardiaques fuyantes de leur bébé par des tissus vivants provenant d’un autre nouveau-né.

"C’est un message d’espoir envers tous les bébés qui doivent traverser cette épreuve"

Le but était de permettre aux valves de se développer avec l'enfant au fil du temps, augmentant ainsi l'espérance de vie. "Cette procédure résout potentiellement le problème d'une valve en croissance", explique le Pr. Joseph W. Turek, chef de la chirurgie cardiaque pédiatrique de Duke, qui a dirigé l'opération. Selon lui : "Si nous pouvons éliminer le besoin de plusieurs chirurgies à cœur ouvert chaque fois qu'un enfant devient trop grand pour une vieille valve, nous pourrions prolonger la vie de cet enfant de plusieurs décennies ou plus".

Les efforts de l'équipe de médecins pour réaliser cette prouesse ont payé : Owen montre une croissance et des améliorations remarquables depuis qu'il a subi l'opération le 22 avril 2022. Son cœur se développe parfaitement. "Non seulement il se porte bien, mais en plus il s’épanouit tous les jours davantage. C’est un formidable message d’espoir envers tous les bébés qui doivent traverser cette épreuve", a déclaré sa mère dans une vidéo publiée par l’Université Duke sur YouTube.

Les experts de Duke ont l’espoir qu'une méthode semblable - une intervention chirurgicale unique pour implanter des tissus issus d’un donneur vivant qui pourraient grandir avec l'enfant - pourrait être utilisée afin de traiter les remplacements valvulaires courants chez les enfants atteints de malformations cardiaques.

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