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Difficultés économiques

Addiction aux réseaux sociaux : les adolescents venant d’un milieu défavorisé sont plus touchés

Les adolescents ayant des difficultés économiques sont plus à risque de souffrir d’addiction aux réseaux sociaux. 

Addiction aux réseaux sociaux : les adolescents venant d’un milieu défavorisé sont plus touchés Victollio/istock


  • Publié le 09.09.2022 à 18h25
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L'ESSENTIEL
  • De précédentes études ont montré que l’utilisation des réseaux sociaux était associée à des symptômes dépressifs et anxieux et à une plus faible satisfaction vis-à-vis de sa propre vie.
  • Selon un sondage, 16% des adolescents de 9 à 17 ans préfèrent interagir en ligne avec leurs amis, plutôt qu’en face à face.

Facebook, Instagram, Tiktok, Snapchat... Certains passent des heures sur ces différentes plateformes. Généralement, les jeunes sont davantage sujets à une utilisation problématique des réseaux sociaux. Mais ils ne sont pas tous égaux face à ce risque. Dans la revue Information, Communication and Society, des chercheurs montrent que les jeunes issus de milieux défavorisés sont plus susceptibles d’avoir un comportement de dépendance vis-à-vis des réseaux sociaux. 

Des données internationales 

Ces conclusions sont le résultat d’un travail d’enquête basé sur les données de 179 049 enfants âgés de 11, 13 et 15 ans vivant dans 40 pays différents, principalement en Europe et au Canada. Les informations concernant ces jeunes viennent de l’étude "Health Behaviour in School-aged Children", une recherche collaborative internationale menée par l'Organisation mondiale de la santé, tous les quatre ans. Les enfants ont rempli des questionnaires pour permettre aux scientifiques d'identifier les comportements typiques de la dépendance liés aux réseaux sociaux. Toutes ces réponses ont été collectées de manière anonyme.

Chaque enfant remplissant six critères, parmi ceux établis par les chercheurs, était considéré comme ayant un usage problématique des réseaux sociaux. Parmi ces différents critères, il y avait le fait de se sentir mal lorsqu'on n'utilise pas les réseaux sociaux, de ne pas réussir à y consacrer moins de temps ou encore de les utiliser pour échapper aux sentiments négatifs.

En parallèle, l’équipe de recherche s’est intéressée aux ressources matérielles des foyers pour estimer le niveau de vie des différentes familles. Par exemple, ils ont comptabilisé le nombre de salles de bain ou les vacances passées à l’étranger dans l’année écoulée. Ils ont également pris en compte la proportion de la population qui utilise Internet dans chaque pays.

Différents déterminismes 

"Les résultats ont montré que les adolescents qui étaient relativement plus démunis que leurs camarades de classe et qui fréquentaient des écoles plus en difficulté sur le plan économique étaient plus susceptibles d’avoir une utilisation problématique des réseaux sociaux", observent les auteurs de l’étude. Les adolescents ayant davantage de soutien de la part de leur famille et de leurs camarades étaient plus protégés face à ce risque.

Pour Michela Lenzi de l'Université de Padoue, en Italie, professeure agrégé de psychologie et autrice principale de cette étude, les conclusions de l’étude attestent des "influences potentiellement néfastes" qu’ont les inégalités au niveau individuel, scolaire et national sur l'utilisation problématique des réseaux sociaux par les adolescents. "Alors que la fracture numérique continue de se combler dans de nombreux pays, les inégalités économiques persistent et restent un déterminant social important concernant la santé et le bien-être des adolescents, observe l’autrice. Les écoles représentent un cadre idéal pour favoriser des comportements ‘sains’ en ligne." Pour elle, des interventions de prévention pourraient être mises en place en milieu scolaire, afin de cibler les adolescents les plus à risque.  

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