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QUESTION D'ACTU

Relation amoureuse

Les consommateurs de cannabis se font des illusions sur le fonctionnement de leur couple

Les personnes qui consomment du cannabis peuvent penser que leurs approches de la gestion des conflits dans les relations amoureuses sont meilleures qu'elles ne le sont et ne reconnaissent pas les dynamiques potentiellement problématiques qui peuvent exister.

Les consommateurs de cannabis se font des illusions sur le fonctionnement de leur couple Alina Rosanova


  • Publié le 09.06.2022 à 19h00
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L'ESSENTIEL
  • En France, 900.000 personnes consomment du cannabis tous les jours.
  • Les consommateurs de cannabis ont une moindre capacité à reconnaître les dynamiques relationnelles problématiques.

"Quand on ne voit pas les problèmes, on ne peut pas les résoudre". C'est la conclusion de l’auteure principale d’une étude publiée dans la revue Drug and Alcohol Dependence, sur le lien entre la consommation de cannabis et les relations de couple. D’après les chercheurs, les consommateurs de cannabis montrent une capacité réduite à réagir de manière flexible au stress lors d’un conflit et considèrent que leurs relations fonctionnent mieux par rapport aux rapports objectifs des évaluateurs indépendants.

Des indicateurs du fonctionnement de la relation

"Nous avons examiné différents indicateurs du fonctionnement de la relation : le degré de satisfaction et d'engagement des personnes à l'égard de leur relation, leur comportement et leur physiologie au cours d'une interaction conflictuelle en laboratoire et leur perception de leur discussion conflictuelle et de leur relation par la suite", a déclaré Jessica Salvatore, professeur associé au département de psychiatrie de la Rutgers Robert Wood Johnson Medical School.

Dans l'étude, 145 couples dont au moins un des partenaires consommait du cannabis ont été invités à indiquer à quelle fréquence ils consommaient cette substance et à quel point ils étaient satisfaits de leur relation.

Évaluer la réponse physiologique au stress

Les couples ont été filmés en train de discuter pendant 10 minutes d'un sujet qu'ils considéraient comme une source majeure de conflit, au cours duquel les chercheurs ont mesuré leur réponse physiologique au stress par le biais de leur fréquence cardiaque et de leur respiration.

Ils ont ensuite eu une discussion de cinq minutes sur les points sur lesquels ils étaient d'accord, après quoi, les chercheurs leur ont demandé comment ils pensaient que les conversations s'étaient déroulées et dans quelle mesure ils étaient satisfaits de la résolution des conflits.

Les vidéos ont été observées par deux groupes d'évaluateurs formés qui ont évalué le comportement de chaque partenaire en matière de conflit, notamment l'évitement (dévier, contourner ou ignorer les points de désaccord) et l'engagement négatif (demander un changement, critiquer ou blâmer) sur des échelles distinctes à cinq points.

Plus de critiques et de demandes

Outre leurs difficultés à faire face au stress, les consommateurs de cannabis émettaient également plus de critiques et de demandes, évitaient les conflits pendant la discussion et étaient moins capables de se réorienter vers une discussion sur les aspects positifs de leur relation.

Pourtant, paradoxalement, lorsqu'on leur demandait comment ils pensaient que la conversation sur le conflit s'était déroulée, les consommateurs de cannabis se déclaraient plus satisfaits de la manière dont le conflit avait été résolu et ne pensaient pas avoir utilisé des stratégies de demande ou d'évitement.

"Il est important de noter que les résultats de cette étude ne signifient pas que la consommation de cannabis est globalement bonne ou mauvaise pour les relations. Ils donnent plutôt un aperçu de la manière dont les couples peuvent mieux gérer les conflits et parvenir à une résolution”, a indiqué Salvatore.

Des risques pour la santé

La consommation de cannabis est de plus en plus courante même si les preuves scientifiques sur les risques pour la santé s'accumulent. Les jeunes, dont le cerveau est en maturation jusqu’à 25 ans environ, sont particulièrement concernés. L’impact se mesure en termes de santé physique et psychique mais aussi de réussite scolaire et d’insertion sociale et professionnelle, d’après la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.

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