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Transplantation

Décès après la greffe d'un coeur de porc : l'organe transplanté probablement infecté par un virus

Un cytomégalovirus aurait infecté le coeur de l'animal donneur. Les techniques utilisées pour éviter le rejet auraient masqué cette infection.

Décès après la greffe d'un coeur de porc : l'organe transplanté probablement infecté par un virus Shuttermon/.iStock


  • Publié le 06.05.2022 à 18h00
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L'ESSENTIEL
  • Un patient avait bénéficié de la greffe d'un coeur de porc génétiquement modifié
  • La cause de son décès deux mois après la transplantation serait une infection de l'organe greffé

Ce fut un espoir trop rapidement douché. La réussite de la première greffe d'un coeur de porc sur un humain en janvier 2022 n'aura duré que quelques semaines : David Bennet, le patient qui en avait bénéficié, est décédé deux mois plus tard. La cause de cet échec serait, selon la revue MIT Technology, une contamination de l'organe greffé par un cytomégalovirus, un virus endogène à tous les porcs.

Le coeur greffé infecté par un cytomégalovirus

"Nous commençons à comprendre pourquoi il est décédé", a expliqué pour la revue du MIT le chirurgien qui a réalisé la greffe, Bartley Griffith, de l'école de médecine du l'université du Maryland. Et d'avancer l'hypothèse de l'organe porcin greffé qui aurait été infecté par un cytomégalovirus, un virus dont on n'a jamais enregistré de transmission à l'homme.

Mais comment cette infection de l'organe choisi pour la transplantation a-t-elle pu passer inaperçue ? C'est parce que, afin d'éviter les risques de rejet, les systèmes immunitaires des donneurs d'organes greffons sont intentionnellement inhibés pour ne pas contribuer à la mise en action du système de défense de l'organisme du receveur. Donc les marqueurs d'une potentielle infection du coeur du porc qui a servi à la greffe n'étaient pas repérables.

"Une avancée chirurgicale majeure"

Mais malgré l'issue fatale trop rapide, cette transplantation a ouvert de nouvelles pistes. Et notamment celle qui a consisté à modifier génétiquement l'animal donneur pour supprimer ses gènes propres et intégrer des gènes humains, toujours dans l'objectif d'éviter le rejet de l'organe greffé. "C'est une avancée chirurgicale majeure qui nous rapproche un peu plus d'une solution à la pénurie d'organes", souligne ainsi Bartley Griffith dans la revue du MIT.

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