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Alimentation

Maladies cardiaques : pourquoi il faudrait consommer moins de viande rouge ?

Consommer de la viande rouge pourrait augmenter le risque d’être atteint d’une pathologie cardiovasculaire.

Maladies cardiaques : pourquoi il faudrait consommer moins de viande rouge ? karandaev/istock

  • Publié le 02.01.2022 à 16h00
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  • Mise à jour le 02.01.2022 à 16h10
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L'ESSENTIEL
  • Pour réduire le risque cardiovasculaire, il convient d’arrêter de fumer, de pratiquer une activité physique régulière, de limiter sa consommation d’alcool et d’éviter de consommer des aliments riches en graisses.
  • Si le changement d’hygiène de vie ne suffit pas. Le médecin peut prescrire au patient un traitement médicamenteux pour limiter les complications cardiovasculaires.

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes en France et la deuxième chez les hommes, selon Santé publique France. Ce terme regroupe plusieurs types de pathologies, telles que les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les infarctus du myocarde, l’insuffisance cardiaque ou les maladies vasculaires périphériques. Parmi les facteurs pouvant expliquer leur développement, on retrouve l’hérédité, l’âge, le tabagisme, l'hypertension artérielle, la sédentarité, l’hypercholestérolémie, l’obésité ou encore une mauvaise alimentation. Une équipe de chercheurs vient d’étudier ce dernier facteur et, plus précisément, l’impact de la consommation de viande rouge sur l'organisme. D'après les scientifiques, les personnes qui en mangent auraient plus de risques de souffrir de maladies cardiovasculaires. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature Microbiology.

Le TMAO augmenterait le risque de maladies cardiovasculaires

Pour comprendre ce qu'il se passe dans notre corps lorsque l'on mange de la viande rouge, il faut s’intéresser au TMAO (oxyde de triméthylamine), une molécule produite par les bactéries intestinales quand elles digèrent un dérivé d'acide aminé appelé "carnitine" présent dans la viande rouge. Lors de précédentes recherches, les scientifiques ont observé que le TMAO augmentait le risque de maladie cardiaque, de formation de caillots et d'accident vasculaire cérébral.

Mais comment les microbes intestinaux produisent le TMAO ? Avec cette nouvelle étude, les chercheurs ont répondu à cette question. Ils ont observé le processus en deux étapes par lequel les bactéries intestinales transforment la carnitine en TMAO. Dans les intestins, peu de bactéries sont capables de transformer immédiatement cet acide aminé en TMAO. Dans un premier temps, les microbes intestinaux transforment ainsi la carnitine en une molécule, appelée γBB (gamma-butyrobétaïne). Ensuite, un type précis de bactéries, appelé Emergencia timonensis, s’occupent de transformer la molécule γBB en TMAO.

Les échantillons de selles prélevés sur les participants de l’étude ont confirmé cette observation. L'introduction d'Emergencia timonensis a favorisé la transformation de la carnitine en TMAO, ce qui a augmenté donc les niveaux de TMAO des patients. En outre, l’étude des analyses sanguines des 3.000 participants a relevé que ceux qui avaient des taux de yBB importants avaient plus de risque de développer une pathologie cardiovasculaire. 

Un risque cardiovasculaire réduit chez les végétariens et végétaliens

Les chercheurs ont réussi à identifier quatre gènes (gbuA, gbuB, gbuC et gbuE) qui sont essentiels à la conversion de γBB en TMAO. Selon ces derniers, un fort taux de gbuA dans le sang serait associée à un régime riche en viande rouge et à des niveaux élevés de TMAO. Une alimentation sans viande serait associée à des niveaux microbiens intestinaux réduits de gbuA. Les scientifiques ont noté que les végétariens et les végétaliens n'avaient qu’une capacité minimale, voire nulle, à convertir la carnitine en TMAO et avaient donc un plus faible risque cardiovasculaire.

En conclusion, les auteurs estiment que réduire sa consommation en viande rouge pourrait réduire le risque de développer des maladies cardiovasculaires. À terme, la découverte de ce processus de transformation de la carnitine en TMAO pourrait permettre de mettre au point de nouveaux traitements plus ciblés. 

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