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Malformations

Épilepsie et troubles bipolaires : la Dépakine aurait des effets néfastes sur les générations suivantes

Depuis plusieurs années, l’association de victimes Apesac met en garde contre les effets indésirables de la Dépakine, un antiépileptique. Ce 6 décembre, elle a dévoilé une étude suggérant que ce médicament pourrait avoir des conséquences néfastes sur les générations suivantes.

Épilepsie et troubles bipolaires : la Dépakine aurait des effets néfastes sur les générations suivantes Liderina/iStock

  • Publié le 07.12.2021 à 14h00
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L'ESSENTIEL
  • Le valproate, principe actif présent dans la Dépakine, provoque des malformations et des troubles du développement chez le fœtus.
  • Sur 187 enfants, qui n’ont pas été directement exposés au valproate, 23 % présentaient des malformations et 44 % des troubles neurodéveloppementaux.

La dépakine est un médicament prescrit pour traiter l’épilepsie et les troubles bipolaires. Il est également recommandé pour prévenir les convulsions liées à la fièvre chez les enfants lorsque les benzodiazépines, aussi appelés "calmants" ou "tranquilisants", ne se montrent pas efficaces. Ce traitement contient du valproate de sodium, un principe actif commercialisé depuis 1967 par le laboratoire Sanofi.

Cet anticonvulsivant, prescrit aux femmes enceintes épileptiques pendant plusieurs années, est désormais interdit durant la grossesse en raison des risques graves qu’il fait courir au fœtus. "Le valproate expose l’enfant en gestation à risque élevé de malformations congénitales (10 % des cas) et de troubles du développement moteur, intellectuel et comportemental (jusqu’à 30 à 40 % des cas)", indique l’Assurance maladie.

Un "mépris pour les victimes"

Depuis 2011, l’association de victimes Apesac et sa fondatrice, Marine Martin, alerte sur la toxicité de cet antiépileptique chez les femmes enceintes mais également sur "l’impact trangénérationnel de la Dékapine", plus précisément du valproate. "Elle s’est aperçue au fil du recueil d’informations, que les petits enfants Dékapine présentaient à leur tour des symptômes similaires à la génération exposée", peut-on lire dans un communiqué publié par l’association ce 6 décembre. Après avoir fait ce constat, elle a mis en garde le gouvernement et a demandé des études. "Jusqu’à présent rien n’a été fait, les données recueillies par l’Apesac ont été méprisées par les autorités sanitaires", a déploré l’organisation. "Ce mépris pour les victimes est insupportable", a signalé Marine Martin. 

Des effets néfastes sur les générations futures

Pour mettre en lumière ce potentiel risque de transmission entre générations, l’association a décidé de réaliser une étude publiée dans la revue Birth Defects Research le 5 décembre. Leurs propres données ont été analysées par quatre experts, dont Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave Roussy qui travaille sur le valproate depuis plusieurs années.

Pour les besoins de ces travaux, l’Apesac a interrogé 108 personnes qui souffrent de complications dues à une exposition au valproate in utero. Les participants ont eu 187 enfants au total. Sur les 187 enfants, qui n’ont pas été directement exposés à ce principe actif, 23 % présentaient des malformations et 44 % des troubles neurodéveloppementaux. En clair, des patients exposés à cette substance dans le ventre de leur mère pourraient avoir des enfants eux-mêmes victimes de troubles.

"Ces données renforcent la nécessité de financer des enquêtes pharmacoépidémiologiques sur l'héritage épigénétique causé par des médicaments provoquant des malformations ou des troubles du développement neurologique. Les personnes exposées au valproate in utero doivent être informées du risque, afin qu'elles puissent envisager des options de fertilité, un diagnostic prénatal et une surveillance précoce adéquate", peut-on lire dans l’étude.

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