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QUESTION D'ACTU

LZTFL1

Covid-19 : un gène double le risque de développer une forme grave

60 % de la population d’origine sud-asiatique et 15 % des personnes d'ascendance européenne serait porteuses d’un gène qui doublerait le risque d’insuffisance respiratoire.

Covid-19 : un gène double le risque de développer une forme grave peterschreiber.media/iStock

  • Publié le 07.11.2021 à 12h00
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L'ESSENTIEL
  • Appelé LZTFL1, ce gène est présent chez 60% des Sud-Asiatiques et 15% des Européens. Il provoquerait un risque doublement accru d'insuffisance respiratoire en cas d'infection à la Covid-19.
  • Cette découverte pourrait en partie expliquer la surmortalité observée dans certaines communautés britanniques et l'impact de la Covid-19 dans le sous-continent indien.
  • Comme ce gène n'affecte pas le système immunitaire, les personnes qui en sont porteuses répondent tout aussi bien que les autres aux vaccins.

Le risque de développer une forme grave de la Covid-19 et d’en décéder est-il une affaire de génétique ? C’est ce qu’affirment des chercheurs du département de médecine de Radcliffe à l’université d’Oxford, en Angleterre.

Dans une étude publiée dans la revue Nature Genetics, ils établissent que 60 % de la population d’origine sud-asiatique et 15 % des Européens sont porteurs d’un signal génétique à haut risque de développer une insuffisance respiratoire. Appelé LZTFL1, il pourrait en partie expliquer la surmortalité observée dans certaines communautés britanniques et l'impact de la Covid-19 dans le sous-continent indien.

Un signal génétique qui affecte les cellules pulmonaires

L’an dernier, une étude parue dans le New England Journal of Medicine révélait qu’une portion d’ADN sur le chromosome 3 doublait le risque de décès par Covid-19 chez les adultes de moins de 65 ans. Cependant, les scientifiques ne savaient pas comment ce signal génétique fonctionnait pour augmenter le risque, ni le changement génétique exact qui en était responsable.

En utilisant une technologie de pointe, les chercheurs d’Oxford sont parvenus à déterminer quel gène était à l’origine de ce sur-risque de forme grave. "Nous avons découvert que le risque accru n'est pas dû à une différence dans le gène codant pour une protéine, mais à une différence dans l'ADN qui actionne un interrupteur pour activer un gène. Il est beaucoup plus difficile de détecter le gène qui est affecté par ce type d'effet de commutation indirect", explique le professeur Jim Hughes, qui a coordonné les travaux.

En utilisant un algorithme d’intelligence artificielle, les chercheurs ont analysé des données génétiques provenant de centaines de types de cellules de toutes les parties du corps, pour montrer que le signal génétique est susceptible d'affecter les cellules du poumon. Ils ont aussi été capables, à l’aide d’une technologie de pointe qu’ils ont créée, de localiser le gène spécifique à l'origine du risque accru de développer une forme grave de Covid-19.

"De manière surprenante, alors que plusieurs autres gènes étaient soupçonnés, les données ont montré qu'un gène relativement peu étudié, appelé LZTFL1, était à l'origine de l'effet", indique le Dr Hughes.

60 % des personnes d’origine sud-asiatique porteuses

D’après les chercheurs, ce gène empêche probablement les cellules qui tapissent les voies respiratoires et les poumons de réagir correctement au virus. "Le facteur génétique que nous avons découvert explique pourquoi certaines personnes tombent très gravement malades après une infection à coronavirus. Il montre que la manière dont le poumon réagit à l'infection est essentielle. C'est important car la plupart des traitements se sont concentrés sur la modification de la façon dont le système immunitaire réagit au virus", détaille le professeur James Davies, codirecteur de l'étude.

D’après les auteurs, 60 % des personnes d'ascendance sud-asiatique étaient porteuses de cette version à haut risque du gène, contre 15 % des personnes d'ascendance européenne. Cela explique en partie les taux de mortalité et d'hospitalisation plus élevés dans le premier groupe. L'étude a également révélé que seuls 2 % des personnes d'origine afro-caribéenne étaient porteuses du génotype à haut risque.

Pas d’atteinte à l’efficacité des vaccins

Les chercheurs ont toutefois constaté que ce facteur génétique n’affectait pas le système immunitaire. Les personnes qui ont sont porteuses doivent donc répondre normalement aux vaccins.

Ils espèrent désormais que des médicaments et d'autres thérapies pourront cibler la voie empêchant la muqueuse pulmonaire de se transformer en cellules moins spécialisées, ce qui ouvrirait la voie à de nouveaux traitements adaptés aux personnes les plus susceptibles de développer des symptômes graves.

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