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Oncologie

Cancer du col de l'utérus : la vaccination contre le papillomavirus a réduit le nombre de cas outre-Manche

Dans une étude réalisée en Grande-Bretagne, le taux de cancer du col de l'utérus est réduit de 87% en vie réelle chez les femmes qui ont été vaccinées entre 12 et 13 ans contre le papillomavirus humain (HPV). Il s’agit d’une avancée remarquable pour un pays où les jeunes filles sont largement plus vaccinées qu’en France.

Cancer du col de l'utérus : la vaccination contre le papillomavirus a réduit le nombre de cas outre-Manche Menshalena / istock.

  • Publié le 04.11.2021 à 17h30
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Les cancers du col de l’utérus sont presque toujours secondaires à une infection sexuellement transmissible liée à un papillomavirus (HPV). Il existe de nombreux sérotypes de HPV, mais les sérotypes 16 et 18 sont les plus souvent impliqués dans les cancers du col, en particulier chez les femmes de moins de 30 ans.

Une nouvelle étude en vie réelle, publiée dans The Lancet, confirme que le taux de cancer du col de l'utérus est réduit de 87% chez les femmes qui ont été vaccinées avec un vaccin bivalent contre le HPV, en particulier lorsqu'elles avaient entre 12 et 13 ans lors de la vaccination. Cette réduction est observée par rapport aux générations précédentes (comparaison historique).

La réduction du taux de cancer du col de l'utérus serait également de 62% chez les femmes qui ont été vaccinées plus tard, entre 14 et 16 ans, et de 34% chez celles qui ont été vaccinées entre 16 et 18 ans, confirmant sa moindre efficacité en cas d'infection préexistante. Il s'agit de la première preuve directe de la prévention du cancer du col de l'utérus par un vaccin bivalent (anti-sérotypes 16 et 18).

Le 1er vaccin en prévention d’un cancer

La vaccination contre le HPV a été introduite dans une centaine de pays dans le cadre des efforts déployés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour éliminer le cancer du col de l'utérus. L'Angleterre a initialement utilisé un vaccin bivalent (le seul disponible à cette époque) qui protège contre les deux principaux sérotypes de HPV (16 et 18) les plus couramment impliqués dans le cancer du col (70 à 80% de tous les cancers du col de l'utérus), et en particulier chez les femmes jeunes.

Le programme anglais de vaccination contre le HPV a été initié en 2008, chez les jeunes filles, si possible avant leur premier rapport sexuel. Les vaccins étaient donc administrés aux jeunes filles âgées de 12 à 13 ans et des vaccins de « rattrapage » étaient proposés aux jeunes filles plus âgées (jusqu'à 18 ans) lors de la mise à disposition du vaccin.

Une réduction des cas de cancers

L'étude a examiné les données des registres des cancers de la population anglaise entre janvier 2006 et juin 2019 pour sept cohortes de femmes âgées de 20 à 64 ans (à fin de 2019). Trois de ces cohortes formaient la population vaccinée, où les femmes ont été vaccinées avec le vaccin bivalent entre les âges de 12-13, 14-16 et 16-18 ans respectivement. Les incidences du cancer du col de l'utérus et du carcinome cervical non invasif (CIN3), ou « pré-cancer », ont été enregistrées séparément.

Au cours de la période d'étude, 28 000 diagnostics de cancer du col de l'utérus et 300 000 diagnostics de CIN3 ont été enregistrés en Angleterre. Dans les trois cohortes vaccinées, il y a eu environ 450 cas de cancers du col de l'utérus et 17 200 cas de CIN3 de moins que prévu dans une population non vaccinée.

Une réduction fonction de l’âge de la vaccination

L'étude montre une réduction du taux de cancer du col de l'utérus de 87% chez les femmes vaccinées entre 12 et 13 ans (89% d'entre elles ont reçu au moins une dose du vaccin contre le HPV et 85% d'entre elles ont reçu trois injections et sont entièrement vaccinées), de 62% chez les femmes vaccinées entre 14 et 16 ans, et 34% chez les femmes vaccinées entre 16 et 18 ans (60% d'entre elles ont reçu au moins une dose et 45% étaient complètement vaccinées).

Les réductions correspondantes des taux de CIN3 sont de 97% chez les femmes vaccinées entre 12 et 13 ans, de 75% chez les femmes vaccinées entre 14 et 16 ans et de 39% chez les femmes vaccinées entre 16 et 18 ans.

1ère preuve directe de l’efficacité de la vaccination

Cette étude fournit la première preuve directe de l'impact de la campagne de vaccination britannique contre le HPV sur l'incidence du cancer du col de l'utérus avec un vaccin bivalent : elle montre une très forte réduction des taux de cancer du col de l'utérus dans les différentes cohortes vaccinées. Jusqu’à maintenant, du fait du caractère récent de ces vaccin, elle n’avait démontré que sa capacité à réduire les lésions précancéreuses.

Comme on pouvait s'y attendre, la vaccination contre le HPV a été plus efficace dans les cohortes vaccinées dès l'âge de 12-13 ans, parmi lesquelles le taux d'acceptation est le plus élevé et un rapport sexuel avec une infection antérieure à HPV les moins probables.

Un bénéfice sans doute plus important

Les femmes étudiées dans cette étude (moins de 25 ans) sont encore très jeunes et les auteurs soulignent qu'il est sans doute encore trop tôt pour évaluer le plein impact de la vaccination contre le HPV sur le risque de cancer du col de l'utérus. Cependant, les deux infections à HPV les plus courantes contre lesquelles le vaccin bivalent protège (sérotypes 16 et 18) sont celles qui sont observées chez 92% des femmes ayant un cancer du col de l'utérus diagnostiqué avant l'âge de 30 ans.

Il faut également noter que le vaccin bivalent a été utilisé au Royaume-Uni de 2008 à 2012. Depuis septembre 2012, un vaccin quadrivalent l’a remplacé, étendant encore le degré de protection contre d’autres sérotypes HPV cancérigènes.

Il s’agit du premier exemple dans l’histoire où une vaccination préventive contre un cancer lié à une infection a tenu pleinement ses promesses. On espère que ces résultats vont pousser plus de parents à vacciner leur petites filles, avant leurs premiers rapports sexuels, car la vaccination est très en retard en France, en particulier sur la Grande-Bretagne et ce cancer reste particulièrement grave en France.

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