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QUESTION D'ACTU

Les limites de la chirurgie ambulatoire

Interventions chirurgicales : les patients sortent-ils trop tôt de l’hôpital ?

Les complications post-opératoires dépendent étroitement de la durée de séjour à l'hôpital, rappellent des chercheurs américains, qui s'inquiètent de suivis trop court. En effet, plus vite un patient qui a subi une intervention chirurgicale sort de l'hôpital, plus les risques peuvent être importants. 

Interventions chirurgicales : les patients sortent-ils trop tôt de l’hôpital ? Inside Creative House

  • Publié le 24.10.2021 à 18h00
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L'ESSENTIEL
  • La tendance est à une réduction de la durée des séjours à l'hôpital après une intervention chirurgicale
  • Infections et complications après une sortie rapide augmentent aux Etats-Unis

"La relation entre la durée du séjour et les complications après la sortie de l'hôpital pour les patients chirurgicaux n'a pas été suffisamment étudiée, car les durées d'hospitalisation ont diminué au cours des deux dernières décennies", alerte le Collège américain des chirurgiens, une organisation scientifique et éducative de chirurgiens fondée en 1913 pour élever les normes de la pratique chirurgicale et améliorer la qualité des soins pour tous les patients opérés.

Une tendance à la diminution de la durée des hospitalisations

Les médecins rappellent qu'un séjour longue durée à l'hôpital réduit le risque de complications graves post-opératoires chez les patients qui ont subi une opération chirurgicale. "Les 30 premiers jours qui suivent la sortie de l'hôpital d'un patient après une intervention chirurgicale sont critiques et nécessitent une attention accrue ; les hôpitaux ont besoin d'un système coordonné pour mieux identifier et gérer les complications des patients et les prestataires de soins de santé devraient faire participer activement les patients et les soignants au processus", soulignent les chirurgiens à l'origine de ces travaux présentés lors du Congrès du Collège américain de chirurgiens 2021, qui se déroule du 23 au 27 octobre. 

Leurs estimations se basent sur une récente étude réalisée à Chicago. Les chercheurs ont évalué les données de 2014 à 2019 pour les patients ayant subi l'une des 11 procédures chirurgicales du côlon et du rectum, de l'œsophage, du système hépatopancréatobiliaire impliquant le foie, le pancréas, la vésicule biliaire et les voies biliaires, ou des systèmes gynécologiques ou urologiques. Tout événement indésirable survenant après le jour de la sortie de l'hôpital mais dans les 30 jours suivant l'opération a été considéré comme une complication post-opératoire. 

Les résultats de cette recherche suggèrent qu'aux États-Unis, la tendance nationale à la diminution de la durée d'hospitalisation après une intervention chirurgicale pourrait se faire au détriment d'une proportion croissante de complications survenant après le départ des patients de l'hôpital.

Troubles cardiaques, infections urinaires, septicémies...

La durée médiane de séjour à l'hôpital après une opération aurait en effet diminué d'un tiers, passant de trois jours en 2014 à deux jours en 2019. Conséquence : une augmentation de 12% des complications après la sortie de l'hôpital dans plusieurs spécialités chirurgicales courantes pour plus de 538 000 patients américains.

Les patients concernés présentaient notamment des taux d'occurrence accrus d'infections (dont des pneumonies, infections urinaires et septicémie) et de problèmes cardiaques après la sortie de l'hôpital en 2019, alors que le séjour moyen à l'hôpital était plus court qu'en 2014, a déclaré la chercheuse Ruojia Debbie Li, qui a co-dirigé l'étude. "Actuellement, nous utilisons un modèle attentiste où, en tant que prestataires de soins de santé, nous attendons que les patients opérés nous approchent avec des signes et symptômes inquiétants", souligne cette dernière.

Les patients ne sont pas en mesure de reconnaître les complications

Le problème, c'est que les patients ne sont pas toujours en mesure de reconnaître les complications, pointent les auteurs de l'étude. "L'équipe chirurgicale peut ne pas être informée d'une complication jusqu'à ce que le patient se rende aux urgences ou vienne à la clinique. Si nous l'avions su plus tôt, nous aurions pu intervenir et diminuer la gravité de la complication ou même éventuellement la prévenir", explique le Dr Ryan Merkow, qui a dirigé l'étude. 

Pour réduire le taux de complications après la sortie de l'hôpital, chaque hôpital doit disposer d'un système coordonné pour mieux identifier et gérer ces complications, recommandent les médecins. Par exemple en prenant le temps de prévenir les patients et de leur famille avant l'opération mais aussi à la sortie de l'hôpital, ainsi qu’à les informer sur les signes et symptômes inquiétants dont ils doivent discuter avec leur chirurgien. Les auteurs de cette recherche soulignent également l'importance d'instaurer "une surveillance étroite et plus intensive pour les patients présentant un risque élevé de complications".

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