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Santé mentale

La prise en charge des consultations psy : effet d’annonce ou solution pérenne ?

Ce mardi, en clôture des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, Emmanuel Macron a, entre autres, annoncé la prise en charge de huit consultations de psychologues par an à hauteur de 30 euros. Un effort que salue par Benjamin Lubszynski, thérapeute, tout en pointant les limites de la mesure.

La prise en charge des consultations psy : effet d’annonce ou solution pérenne ? lorenzoantonucci/iStock




L'ESSENTIEL
  • Dès 2022 l'Assurance maladie remboursera jusqu’à huit consultations de psychologues libéraux par an, à hauteur de 40 euros pour la première séance et de 30 euros pour les suivantes.
  • Un numéro vert contre la détresse psychologique et la prévention des suicides, le 3114, sera disponible dès ce vendredi.

Pendant longtemps, les moyens mis n'ont pas été à la hauteur”, a déclaré Emmanuel Macron au moment d’annoncer de nouvelles mesures pour améliorer la prise en charge psychologique des patients à l’occasion des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie. Ce constat a tout d’un euphémisme, comme l'explique Benjamin Lubszynski, thérapeute et auteur du livre “Être zen ça s’apprend” qui sortira le 27 octobre aux éditions du Rocher, au moment de revenir sur les différentes annonces. Les besoins étaient criants et les réponses, “si elles ont le mérite d’exister”, se “heurtent à l’écueil de la réalité”, souligne-t-il.

Un remboursement encore trop partiel 

Pour améliorer la santé mentale des Français, le Président a voulu inciter les patients à consulter. Pour cela, il a annoncé que dès 2022 l'Assurance maladie remboursera jusqu’à huit consultations de psychologues libéraux par an, à hauteur de 40 euros pour la première séance et de 30 euros pour les suivantes.

Le problème c’est que ces chiffres ne sont pas à la hauteur des prix du marché qui sont en moyenne de 60 euros, et encore plus en région parisienne”, pointe Benjamin Lubszynski. Un décalage qui pourrait s'avérer être trop important pour effectivement favoriser la consultation. “Ensuite, pour les professionnels, cela peut les forcer à baisser les prix, ce qui peut les empêcher de pouvoir rembourser tous leurs frais”, note-t-il. Enfin, cela peut pousser à écourter les séances pour abaisser les coûts afin de favoriser les consultations et donc à avoir un suivi qui baisse en qualité. 

Un problème de formation

Le thérapeute relève également quelques absences dans les mesures du président de la République. En première ligne, se trouve la question de la formation. Le remboursement de huit séances seulement nécessite des thérapies sur un temps court alors qu'habituellement c'est le temps long qui prévaut. À titre d’exemple, pour les thérapies comportementales, comme traiter les phobies, il faut compter entre 6 mois et 1 an. “Actuellement, nous n’avons pas suffisamment de professionnels formés pour répondre à une demande sur un temps court car beaucoup vont s’arrêter à ces huit séances et les professionnels ne sont pas armés pour répondre à tous leurs besoins sur un tel laps de temps”, déplore Benjamin Lubszynski.

Ce dernier réclame en outre que les annonces soient clarifiées, essentiellement pour les professionnels. “À quoi seront obligés les psychologues ?, s’interroge-t-il. Devront-ils faire un compte rendu au médecin traitant? Devront-ils faire un bilan après 8 séances ? Devront-ils devoir répondre à des actes précis ? S’ils doivent faire tout cela, c’est un travail très lourd qui leur sera demandé.”

Le 3114, un numéro vert contre la détresse psychologique

Enfin, l’un des derniers éléments qui ressort des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie est la mise en place d’un numéro vert contre la détresse psychologique et la prévention des suicides, le 3114. Ce numéro sera disponible dès ce vendredi et joignable 7j/7, 24h/24. “Ce numéro est une bonne chose, souligne Benjamin Lubszynski. Le fait qu’une personne formée puisse répondre plutôt qu’un médecin débordé sur le 112, cela permettra d’éviter des suicides.”

Mais là encore, le thérapeute réclame plus de clarté quant au fonctionnement de ce nouveau service. “Il va falloir développer une standardisation efficace pour répondre aux suicidaires, insiste-t-il. Quand une personne fait une crise cardiaque et qu’un proche appelle le 112, le médecin au bout du fil va lui indiquer les gestes à faire pour le sauver. Là, c’est pareil. Il faudra savoir quoi répondre, comment et vers qui rediriger la personne qui appel. Le risque est que ce numéro ne devienne qu’un numéro en plus.”

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