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Neuroscience

Cerveau : comment l’anxiété pousse au pessimisme

Certains neurones perturberaient la prise de décision chez les personnes anxieuses.

Cerveau : comment l’anxiété pousse au pessimisme fizkes/iStock

  • Publié le 19.09.2021 à 11h00
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L'ESSENTIEL
  • Les personnes anxieuses ont un désir plus fort que la normale d'éviter les conséquences négatives et les personnes souffrant de dépression ont un désir plus faible d'approcher la récompense en premier lieu.
  • Plusieurs parties du cerveau sont impliquées dans ce processus : le cortex cingulaire antérieur, le cortex préfrontal, les striosomes ou encore le cortex orbifrontal.

Les personnes anxieuses ont tendance à adopter une posture plus négative que les autres. Le processus cognitif en cause reste flou. Une nouvelle recherche, parue le 30 juin dernier dans la revue Frontiers in Neuroscience, donne un coup d’éclairage sur ce qu’il se passe dans le cerveau des personnes anxieuses au moment de prendre une décision.

Une nouvelle épidémie d’anxiété

Dans des recherches antérieures, il a été démontré que les états mentaux négatifs bouleversent l’équilibre entre le désir d’obtenir une récompense et les difficultés à affronter pour y arriver. Celui conduit à une prise de décision et un évitement plus pessimiste. Par exemple, les scientifiques ont constaté que les personnes anxieuses ont un désir plus fort que la normale d'éviter les conséquences négatives et les personnes souffrant de dépression ont un désir plus faible d'approcher la récompense en premier lieu.

Pour comprendre comment le cerveau intègre les sentiments anxieux dans la prise de décision, les neuroscientifiques japonais de l’université de Kyoto ont effectué une synthèse d’études menées ces dernières années mesurant le cerveau de rats et de primates et ont relié ces résultats au cerveau humain. “Nous sommes confrontés à une nouvelle épidémie d'anxiété, et il est important que nous comprenions comment notre anxiété influence notre prise de décision, affirme Ken-ichi Amemori, auteur principal de l’étude. Il y a un réel besoin de mieux comprendre ce qui se passe dans le cerveau.

Le cortex cingulaire antérieur au centre du jeu

Des études antérieures ont mis en évidence le rôle de neurones dans le cortex cingulaire antérieur (CCA) comment jouant un rôle important dans le processus de prise de décision. Le CCA est également connecté avec d’autres parties du cerveau jouant un rôle dans l'intégration des sentiments à la pensée rationnelle.

Au travers d’une étude sur des singes, les chercheurs ont identifié des groupes de neurones qui s'activaient ou se désactivaient en fonction de la taille de la récompense ou de la punition proposée. Les neurones associés à l'évitement et à la prise de décision pessimiste étaient particulièrement concentrés dans le CCA prégéniale, une région liée au trouble dépressif majeur et à l’anxiété. Une microstimulation de cette zone avec une impulsion électrique de faible niveau, simulant les effets de l'anxiété, a amené les singes à éviter la récompense.

Les striosomes ont un rôle méconnu mais important

Les scientifiques ont ensuite cherché les connexions du CCA prégéniale avec d'autres parties du cerveau. Ils ont découvert des interconnexions avec de nombreuses parties du cortex préfrontal à l'avant du cerveau humain, associé notamment aux capacités de raisonnement.

Ils ont également noté un lien étroit avec des structures en forme de labyrinthe connues sous le nom de striosomes. “La fonction de la structure des striosomes est un mystère depuis longtemps mais nos expériences indiquent qu'il s'agit d'un nœud important reliant la prise de décision pessimiste au système de récompense du cerveau et à la régulation de la dopamine”, précise Ken-ichi Amemori.

Le cortex orbitofrontal également en jeu

En regardant encore plus près, l’équipe a identifié une connexion entre les striosomes et une autre région plus éloignée : le cortex orbitofrontal, situé à l’avant du cerveau. Cette partie est également connue pour être impliquée dans la cognition et la prise de décision. Lors de ses expériences sur les primates, les chercheurs ont découvert une influence très similaire de cette région sur la tendance du singe à prendre des décisions pessimistes. Curieusement, le cortex orbitofrontal et le CCA prégéniale partagent également bon nombre des mêmes connexions avec d'autres parties du cerveau.

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