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QUESTION D'ACTU

Alcool et grossesse

Syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF) : trop de médecins généralistes mal informés

Seulement 24% des médecins généralistes déclarent connaître précisément les troubles causés par l’alcoolisation fœtale, et 33% ne parlent pas systématiquement de la consommation d’alcool lors d’un suivi de grossesse.

Syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF) : trop de médecins généralistes mal informés vadimguzhva / istock.

  • Publié le 06.09.2021 à 14h00
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L'ESSENTIEL
  • Le SAF affecte 1 enfant sur 1 000.
  • C’est la forme la plus sévère des conséquences de la consommation d’alcool pendant la grossesse.
  • Elles peuvent être massives : retard de croissance, retard psychomoteur, malformations du visage, et troubles cognitifs majeurs avec parfois une déficience intellectuelle.
  • Les autres TCAF touchent 1 enfant sur 100, et englobent de nombreux troubles dus à l’atteinte du cerveau.

Alors que plus de 15 000 enfants naissent chaque année en France atteints de syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF), un nouveau sondage OpinionWay pour SAF France démontre que les médecins généralistes connaissent mal cette pathologie.

Des résultats surprenants

"Notre objectif était d’évaluer le niveau de connaissance des médecins généralistes sur le syndrome d'alcoolisation fœtale et les autres troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF), d’identifier leurs comportements face à ces troubles et de connaître leur besoin", explique Nadia Auzanneau, directrice générale adjointe chez OpinionWay. "Autant nous nous attendions à une méconnaissance du grand public sur le sujet, autant nous avons été surpris des résultats de ce sondage", précise-t-elle.

Si le SAF et les autres TCAF sont a priori connus des médecins, seuls 1/4 d’entre eux savent précisément à quoi ils correspondent. Ainsi, une minorité de médecins généralistes est capable d’estimer à peu près l’incidence des TCAF, et 1/3 n’ont aucune idée sur cette dernière. Par ailleurs, seul 1 médecin sur 10 connait le nombre de pathologies favorisées par l’alcoolisation prénatale. Enfin, 1/3 des généralistes ne connait pas ou ne pense pas au lien entre les TCAF et la consommation occasionnelle d’alcool pendant la grossesse.

Un manque de formation

En cause : le manque d’information et de formation des professionnels de santé. "Ce ne sont pas forcément les médecins généralistes qui suivent les grossesses", rappelle également Nathalie Hanseler Correard, médecin généraliste à la retraite depuis peu. "Il faut aussi savoir qu’une consultation d’un médecin généraliste dure 15 à 20 minutes, et que pour une femme enceinte, il faut contrôler beaucoup de choses : son poids, sa tension, ce qu’elle mange, l’éventuelle présence de violences conjugales… Donc bien sûr, on loupe des choses", poursuit-elle.

53% des médecins généralistes déclarent avoir déjà rencontré des patients souffrant de SAF ou de TCAF, et 9 médecin sur 10 pensent qu’au moins une personne sur 100 dans leur patientèle pourrait être concernée par les TCAF. Ils estiment qu’en moyenne, 5 à 10 de leurs patientes sur 100 consommeraient de l’alcool pendant leur grossesse. Pourtant, seul un médecin sur trois aborde systématique le sujet de la consommation d’alcool prénatale lorsqu'il rencontre une personne concernée par les TCAF, un phénomène plus marqué chez les jeunes professionnels de santé. 

Des conséquences sur les femmes enceintes

Le docteur Lamblin, pédiatre et président de SAF France, déclare : "cette méconnaissance des conséquences par les médecins induit une moindre prise de conscience chez les patientes enceintes. 15000 enfants naissent chaque année avec des troubles causés par l’alcoolisation fœtale. Avec le concours de tous, autorités publiques, sanitaires, social, enseignants, secteur privé, nous pouvons résoudre cette situation en 5 ans". Il ajoute : "le SAF et les autres TCAF ont un coût sanitaire et social très élevé, parfois à très long terme. Un tiers des enfants placés en famille d’accueil sont par exemple atteints de ces troubles. Ce sont des bombes à retardement". 

L’association SAF France recommande donc :

-     de communiquer auprès du corps médical à propos de la définition du SAF, des chiffres clés comme ceux de l’incidence ou encore du danger que représente la consommation même occasionnelle d’alcool.

-     De proposer des formations spécifiques ou des contacts de spécialistes experts du SAF pour les médecins.

-     De développer des brochures de prévention et d’information sur le SAF et les TCAF, à transmettre aux médecins et à destination finale de leurs patients.

-     De communiquer des contacts d’associations de patients, qui pourront aider les femmes enceintes vulnérables aux consommations d’alcool.

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