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Indice de masse corporelle

Diabète : l’IMC comme facteur de risque n'est pas toujours indicateur fiable

Le niveau de l’indice de masse corporelle (IMC) à partir duquel une personne présente un risque accru de développer du diabète n’est pas pareil dans tous les pays. Il faudrait adapter les critères de dépistages aux spécificités régionales.

 Diabète : l’IMC comme facteur de risque n'est pas toujours indicateur fiable FotoDuets/iStock

  • Publié le 18.07.2021 à 16h00
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L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs ont analysé les données de 57 pays pour voir si l’IMC et l’âge étaient les mêmes pour diagnostiquer le diabète : il y a des grandes différences.
  • Par exemple, les hommes en Asie de l'Est ou du Sud-Est avaient un risque accru de développer du diabète à partir d’un IMC 23,8, alors que l’OMS conseille le dépistage à partir de 25.

79 % des personnes atteintes de diabète vivent dans des pays à faible revenu (PFR) ou des pays à revenu intermédiaire (PRI). La raison est liée à la très forte augmentation du surpoids et de l'obésité dans ces pays, qui a favorisé le développement de cette pathologie. "Les directives de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandent le dépistage du diabète chez les personnes de 40 ans et plus ayant un indice de masse corporelle (IMC) de 25 et plus”, souligne Jennifer Manne-Goehler, l’un des autrices d’une étude publiée dans la revue The Lancet. Celle-ci montre que l’IMC, en fonction des pays, ne constitue pas le même facteur de risque pour le diabète. De fait, il ne serait pas un indicateur pertinent - avec les recommandations actuellement en vigueur - pour dépister cette maladie dans les PFR et les PRI. 

L’IMC et l'âge, de mauvais indicateurs dans certaines régions

L’IMC est un indicateur qui permet d’estimer la corpulence d’un individu. Pour le calculer, il suffit de diviser le poids en kilogrammes par la taille en centimètres au carré. Le fruit de cette opération donne un chiffre qui détermine dans quelle catégorie se situe la personne : dénutrition (en dessous de 16,5), maigreur (de 16,5 à 18,5), corpulence normale (de 18,5 à 25), surpoids (de 25 à 30), obésité modérée (de 30 à 35), obésité sévère (de 35 à 40), obésité morbide ou massive (plus de 40). "Depuis longtemps, on soupçonne le fait que les seuils d'IMC et d'âge peuvent ne pas être optimaux pour le dépistage du diabète dans toutes les régions du monde, développe Jennifer Manne-Goehler. Notre objectif était d'estimer la relation entre l'IMC et le risque de diabète dans de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire pour les aider à améliorer leurs programmes de dépistage.” 

Le diabète très présent chez les personnes âgées de 35 à 44 ans 

Les chercheurs ont donc analysé les données de 57 pays en développement - ce qui comprenait plus de 680 000 personnes - concernant le poids, la taille ainsi que les taux de glycémie et d'hémoglobine, qui indiquent si une personne souffre de diabète. Selon leurs résultats, dans ces pays, les personnes ayant un IMC supérieur à 23 ou plus présentaient un risque accru de diabète. Mais ce chiffre était différent en fonction des régions et des sexes au sein de tous ces pays : 23,8 pour les hommes en Asie de l'Est ou du Sud-Est, 28,3 pour les femmes au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Dans tous les cas, cela reste inférieur au seuil de 25 fixé par l’OMS pour dépister cette pathologie. D’autres part, cette étude souligne également le fait que le diabète augmente fortement, dans toutes les régions, chez les personnes âgées de 35 à 44 ans et, en Afrique subsaharienne, chez les hommes de 25 à 34 ans. Bien en dessous donc des 40 ans à partir desquels l’OMS recommande de dépister le diabète. "Le diagnostic chez les jeunes adultes peut prévenir les complications à long terme de la maladie", explique le Dr Manne-Goehler. Dans l’idéal, il faudrait prendre en compte les spécificités de ces populations et dépister cette maladie systématiquement plus tôt dans ces régions. 

Des réponses pour revoir les critères de dépistage

"Les PFR et les PRI disposent désormais de réponses précises fondées sur des données probantes à la question 'Qui ? Quand ? et Combien ?' concernant la prévention et le dépistage du diabète en relation avec l'IMC, souligne Siméon Pierre Choukem, médecin et doyen de la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques de Dschang, au Cameroun, dans un commentaire en parallèle de l’étude. Le problème de santé publique qu’est le diabète dans les PFR et les PRI est probablement sous-estimé en raison des directives de dépistage actuelles, et on ne sait pas dans quelle mesure." Les chercheurs poursuivent leurs travaux en étudiant d’autres critères pouvant favoriser le développement du diabète dans ces 57 pays comme le tour de taille, les facteurs comportementaux (alcool, tabagisme, faible activité physique et régime alimentaire déséquilibré). À l'avenir, l’objectif des scientifiques est de comparer ces données à celles des pays à revenu élevé pour étoffer la liste des facteurs de risques. 

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