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QUESTION D'ACTU

Résultats de l'enquête EPIPAGE-2

5 ans après leur naissance, les enfants prématurés ont-ils encore des séquelles ?

A l’âge de 5 ans et demi, 35% des enfants nés extrêmes prématurés, près de 45% des grands prématurés et 55% de ceux nés modérément prématurés auront une trajectoire développementale proche de la normale.

5 ans après leur naissance, les enfants prématurés ont-ils encore des séquelles ? Kwangmoozaa / istock.

  • Publié le 30.04.2021 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • En France, la prématurité est la première cause de mortalité néo natale et est responsable de la moitié des handicaps d’origine périnatale.
  • Elle touche chaque année environ 55 000 naissances.
  • Parmi ces milliers d’enfants, 8 à 10 000 naissent au terme de 22 à 31 semaines de grossesse et sont décrits comme extrêmes ou grands prématurés.

Des chercheurs de l’Inserm ont suivi pendant 5 ans et demi des enfants nés prématurément. Bilan de l'étude*: à cet âge, 35% des enfants nés extrêmes prématurés*, près de 45% des grands prématurés et 55% de ceux nés modérément prématurés auront une trajectoire développementale proche de la normale.

Les enfants nés prématurément peuvent néanmoins rencontrer des difficultés, allant de handicaps sévères mais rares à des troubles plus subtils nécessitant cependant de mobiliser des ressources médicales, paramédicales et familiales importantes. A cinq ans et demi, plus d’un tiers des enfants nés prématurément présentaient ainsi des difficultés dites mineures dans les domaines moteurs, sensoriels, cognitifs ou du comportement. "La fréquence de ces difficultés nécessite un suivi rapproché de ces enfants dans des réseaux structurés pour les repérer précocement et mettre en place des interventions à une période où la plasticité cérébrale est maximale", estiment les scientifiques.

3083 enfants nés prématurément en France

Pour parvenir à ces conclusions, l’enquête EPIPAGE-2 s’est intéressée au devenir de 3083 enfants nés prématurément en France, à leur insertion scolaire, à leur recours à des prises en charge, ainsi qu’aux inquiétudes ressenties par leurs parents. Elle est publiée dans la revue The British Medical Journal.

"L’âge de 5 ans et demi correspond à un moment clé du développement de l’enfant permettant notamment le diagnostic de difficultés d’apprentissage et l’étude des compétences cognitives qui avant cet âge sont beaucoup plus difficiles", explique Pierre-Yves Ancel, du service de santé publique et médecine sociale de l’hôpital Cochin AP-HP (Unité CIC mère enfant), responsable de l’équipe EPOPé.

L’étude révèle aussi que plus la prématurité est grande, plus les enfants présentent de difficultés du neuro-développement. Alors que 27% des enfants nés extrêmes prématurés présentaient des difficultés sévères ou modérées de développement, 19% des enfants nés grands prématurés présentent des difficultés de même type, contre 12% des enfants modérément prématurés. Idem concernant la scolarité. Alors que 93% des enfants modérément prématurés étaient scolarisés dans des classes ordinaires (sans soutien spécifique), cette part ne concernait plus que 73% des enfants nés extrêmes prématurés. 

Orthophonie, psychomotricité, soutien psychologique

On peut noter par ailleurs que plus de la moitié des enfants nés extrêmes prématurés, un tiers des enfants nés grands prématurés et un quart des enfants nés modérément prématurés bénéficiaient d’une prise en charge de soutien au développement (orthophonie, psychomotricité ou encore soutien psychologique, etc.). Toutefois, 20 à 40% des enfants avec des difficultés sévères ne bénéficiaient pas de soutien.
 
"L’enquête souligne l’importance de l’environnement dans lequel évolue l’enfant et renforce la nécessité de proposer aux familles un accompagnement coordonné, à la fois médical, éducatif et social", ajoutent les chercheurs. "Les inquiétudes des parents sont réelles, même quand le développement de l’enfant est considéré comme normal. Elles méritent donc d’être mieux comprises et continueront à faire l'objet d'un suivi", estiment-ils.

Le développement à un âge donné n’est pas figé

Pour les familles, il est important de souligner que le développement à un âge donné n’est pas figé, que le cerveau de l’enfant est encore en pleine évolution, et que les difficultés observées peuvent être prises en charge et accompagnées, sous réserve qu’elles aient été bien identifiées et les parcours de soins optimisés. La cohorte de l’étude continue actuellement de faire l’objet d’un suivi, avec un nouveau recueil  d’information prévu aux 10 ans des enfants.  

*réalisée par les chercheurs de l’équipe Inserm-Université de Paris EPOPé – « Equipe de Recherche en Épidémiologie Obstétricale, Périnatale et Pédiatrique », du Centre de Recherche Epidémiologie et Statistiques (CRESS, Unité 1153) et impliquant des équipes de l'AP-HP.

*Nés entre 24 et 26 semaines d’aménorrhée révolues, les enfants sont considérés comme extrêmes prématurés. Nés entre 27 et 31 semaines, les enfants sont considérés comme grands prématurés. Nés entre 32 et 34 semaines d’aménorrhée révolues) les enfants sont considérés comme modérément prématurés.

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